Henning Mankell quitte la scène du polar

A 67 ans, l’un des auteurs suédois les plus lus laisse derrière lui une œuvre marquée par l’engagement et un héros – triste – le commissaire Wallander.

 

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Il vivait en partie au Mozambique, l’Afrique et les questions autour du racisme traversaient son œuvre. Une œuvre célèbre pour ses romans policiers (il en écrivait d’autres, notamment des livres pour la jeunesse). Une œuvre qui l’a hissé au rang des auteurs suédois les plus vendus à l’étranger (40 millions d’exemplaires, c’est son score officiel) et les plus respectés grâce à son héros, le commissaire Kurt Wallander au centre de douze livres. Avec Wallander, Henning Mankell réussit à créer un personnage, à la fois sombre et attachant, produit de son époque tourmentée, et surtout archétype qui allait donner le ton dans la mode du polar scandinave. Sans l’avoir voulu, Mankell était un peu le père spirituel ou, au moins, le grand frère en littérature d’Arnaldur Indridason, Jo Nesbo, Camilla Läckeberg et même Stieg Larsson.
 
Autodidacte (il quitte l’école à 16 ans), grand voyageur, écrivain engagé, Henning Mankell s’était, entre autres, distingué dans son soutien à la cause palestinienne. Il y a cinq ans, il faisait partie des membres d’une délégation montée à bord d’un bateau s’opposant au blocus de Gaza par Israël… Epoux de Eva Bergman (fille du cinéaste Ingmar Bergman), il vivait avec l’ombre de la mort à ses côtés depuis qu’on lui avait diagnostiqué un cancer incurable. La maladie a eu raison de lui, il avait 67 ans. Son amie, la chanteuse Patti Smith, dans un texte envoyé au journal suédois Aftonbladet, lui a rendu hommage : «Comme écrivain, il inspirait, divertissait et stimulait. En tant qu’être humain, il encourageait, soutenait, et partageait ouvertement.» Pour dévouvrir Henning Mankell, on conseille: Les chiens de Riga, La lionne blanche, La cinquième femme, Le retour du professeur de danse.    

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