Titeuf prend part au débat sur les réfugiés

En pleine tournée promo pour le quatorzième album de Titeuf - "Bienvenue en adolescence" - Zep publie une planche traumatisante qui veut éveiller les consciences sur la question des demandeurs d'asile.

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C’est l’un des rituels de passage les plus médiatisés du moment. Titeuf est entré dans l’âge adolescent et tout le monde doit le savoir. On pensait avoir hérité d’un môme qui serait le symbole de l’enfance éternelle, mais – contrairement à beaucoup d’autres personnages de BD qui ne vieillissent jamais (avez-vous jamais vu un seul dessin de Tintin courbaturé et avec des cheveux blancs ou une seule image d’Asterix usant un déambulatoire?) – Titeuf se réveille avec un corps qui change. C’est le pitch du bien nommé « Bienvenue en adolescence« , quatorzième album des aventures de Titeuf, Zep, son papa, met en scène les tourments les plus sombres de cette mutation: acné, poils, filles et tout le toutim. « J’ai réalisé au fil des albums que, même si je n’ai pas envie de le faire vieillir, Titeuf grandit, explique Zep, parce qu’il a accumulé des histoires qui le rendent différent du Titeuf du premier album. En fait, Titeuf veut grandir, c’est son mouvement depuis le début. »

Une entrée en adolescence et un regard nouveau sur la marche du monde – un monde qui allait déjà un plus loin que la cour de récré – mais qui s’accroche aujourd’hui à l’actualité la plus chaude. En plein tournée promo, Zep a pris tout le monde par surprise en publiant sur son blog, relayé par Le Monde, une planche dans laquelle Titeuf est confronté à la réalité de la guerre et à la violence de la mort. On y voit le père du gamin enseveli sous les gravats après une terrible explosion, on y voit notre petit héros prisonnier de barbelés et, plus dur encore, on y voit Manu, son copain de toujours, se faire descendre en rue par un sniper. Plutôt que de rester passif devant l’horreur de la guerre – qui reste la principale raison des mouvements d’exode des populations vers l’Europe –  Zep a décidé de dessiner, mais de dessiner en élevant la voix et exhibant la cruauté d’une situation dont les enfants sont les premières victimes. Au vue des réactions qu’ont inspiré les dessins, Zep a clairement laissé entendre que la planche – pas facile à dessiner (on l’imagine bien) – existait pour être partagée, en espérant qu’elle puisse provoquer, sinon un changement, une prise de conscience. Gros buzz pour une grosse actu avec, on l’espère, de grosse retombées. 

Retrouvez Zep en interview dans le Moustique du 16 septembre 2015

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