Amélie Nothomb: « Mon titre de baronne me fait colossalement rire »

Régulière comme un coucou suisse, la romancière fait la rentrée littéraire avec "Le crime du comte Neville", portrait d'une famille de nobles belges un peu serrée sur le budget. 

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Entre sitcom, série télé et tragédie grecque, « Le crime du comte Neville » est une farce sadique qui met en scène une famille de nobles belges, serrée sur le budget, et obligée de vendre son château, l’un des repaires de la haute dans les Ardennes. Avant de quitter les lieux, le comte Henri Neville, dont le modèle de droiture est le roi Baudouin, tient à organiser une dernière garden party, rendez-vous d’octobre très attendu à l’agenda mondain. Une voyante, Madame Rosalba, lui annonce que, durant cette fête – rond point du gratin – il tuera l’un des invités…
On n’en dira pas plus. Quoique… Il faut quand même savoir que Sérieuse (c’est ce prénom – ben oui, on est chez Amélie Nothomb…), la cadette des Neville, est une ado renfermée cultivant les pensées morbides et très intéressée par l’idée de disparaitre de la surface de cette terre…
 
Au moment où Amélie Nothomb décroche le titre de baronne, elle publie ce livre qui est aussi un portrait en demie teinte de la noblesse belge. « C’est ce qu’on appelle vraiment une coïncidence, prévient-elle. J’ai appris que j’allais être baronne deux semaines avant le 21 juillet. Comment j’aurais pu écrire le livre après? Ce n’est pas possible. » L’aristocratie, et le grand monde, que la romancière – par son arbre généalogique, connait bien. « Mon père est baron, comme tous les hommes Nothomb, poursuit-elle. Et mon père m’a toujours dit que, étant donné que le titre n’est pas transmissible aux filles, si je voulais devenir baronne, je devais épouser un baron. Et là, j’ai envie de lui dire: « Non, papa, ça n’a pas été nécessaire. » Ceci étant, mon titre de baronne me fait colossalement rire. Tous les nouveaux nobles – qu’est-ce que ça fait snob! – vont être reçus chez le roi Philippe. Je ne sais pas exactement quand, et donc je vous raconterai comment ça s’est passé après. »
 
Le crime du comte  Neville, Albin Michel, 135 p.    

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