Yasmina Khadra dans la tête de Kadhafi

"La dernière nuit du Raïs" nous promène dans la tête du dictateur juste avant son lynchage et jouit d'une sortie mondiale. 

khadra

Il a pris la fuite. Il est retranché dans ce qui semble être une ancienne école et il ne comprend pas.  Mouammar Kadhafi ne comprend pas l’affront commis par les insurgés, lui, qui se présente au monde comme celui qui a sorti la Libye de ses archaïsmes. Dans « La dernière nuit du Raïs », Yasmina Khadra s’empare du personnage et nous dévoile un homme, c’est un comble, déçu par son peuple qu’il juge inamical et offensant. Un homme qui se terre, entouré de quelques fidèles – les derniers – parmi lesquels cette Amazone de sa garde rapprochée qui lui injecte la morphine dont il a besoin.
 
Un homme qui laisse libre cours à ses rancoeurs (notamment contre les autres dirigeants arabes), mais aussi à des souvenirs qui évoquent son enfance, sa jeunesse et sa prise de pouvoir qui lui permettra d’exprimer sa mégalomanie et d’imposer une personnalité de tyran. Le roman – au plus près de l’intime du dictateur – se termine par une tentative d’évacuation de Kadhafi qui se terminera par le lynchage public dont on a pu voir les images sur Internet. Une scène d’une violence inouïe que Yasmina Khadra rend dans toute sa barbarie et toute sa furie. 

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