À Bruxelles, Libris Louise ferme définitivement le 25 juillet

Institution bruxelloise, la librairie a marqué une époque. Sa fermeture est un mauvais signal sur la santé du secteur.

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Il y a un an et demi, le groupe Actissia (France Loisirs, Belgique Loisirs, Le grand livre du mois…) annonce la fermeture de Libris, point de chute des amateurs de littérature qui a compté dans la géographie du quartier Louise. Un quartier d’où a déjà été éliminé – il y a quelques années – la Librairie de Rome. Aujourd’hui, nous y sommes. Libris, où règne une drôle d’ambiance ces derniers jours, liquide tout à 40%. Vocabulaire un peu violent pour désigner un monde – celui des livres – qui n’est pas épargné par la crise et la mutation numérique.  « Beaucoup de gens reviennent nous voir, explique Daniela Puglisi, responsable de Libris Louise. On voit des gens qui sont encore prêts à mettre des sommes pour acheter des livres. Les clients fidèles sont tristes évidemment de cette fermeture… »
 
Dans les années 70, 80 et 90, Libris est un endroit très fréquenté et se fie à une politique commerciale qui conjugue air du temps, best-sellers et littérature haut de gamme. Dans quinze jours, douze emplois seront perdus… « Seul une personne a déjà retrouvé un emploi sinon, on le sait, toutes les librairies vont mal et il n’y a pas de postes à pourvoir… », poursuit Daniela Puglisi. Avec les années, et la diversification des librairies en lieux de convivialité, Libris loupe le tournant de l’air du temps. « Il y a plusieurs facteurs qui ont joué en notre défaveur. Le fait que l’on se trouve dans une galerie qui ne fait rien pour se rénover, un loyer très élevé, et le fait qu’on n’a pas pu ajouter le petit quelque chose qui fait qu’aujourd’hui une librairie est un petit plus qu’une librairie. »
 
La fermeture de Libris est aussi une mauvaise nouvelle pour le métier de libraire qui, lui aussi, doit faire face à des exigences nouvelles. De là à dire qu’il est danger… « Oui et non, soupire Daniela Puglisi. C’est difficile aujourd’hui, mais je pense qu’il y a encore moyen de tenir une librairie avec un service unique, celui du conseil. En tout cas, moi – j’y crois… »

 

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