Jean-Marie Périer collabore avec Reporters sans frontières

Le portraitiste des yéyés rejoint le clan de ceux qui ont donné leurs photos pour la liberté de la presse. 

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“Cette association défend, milite et vient en aide à des photographes dont le postulat consiste à prendre tous les risques alors que je n’en ai jamais pris aucun. Voilà des hommes et des femmes qui s’aventurent dans des pays dans lesquels leur présence est souvent loin d’être désirée, alors que toute ma vie je n’ai jamais bougé mon cul sans avoir de rendez-vous.” On a reconnu la gouaille et la couleur du langage de Jean-Marie Périer, premier étonné de se retrouver dans le club des photographes qui – de William Klein à Helmut Newton, en passant par Martin Parr et Yann Arthus-Bertrand – ont offert leurs images à Reporters sans frontières. Pourtant, Jean-Marie Périer n’a pas démérité, il a même inventé – sans tout à fait l’avoir cherché, c’est vrai – le portrait pop en France. Même si sa collaboration avec la presse se résumait à photographier – sur rendez-vous! – des idoles pour des magazines adolescents dans les années 60 – principalement “Salut les copains” et “Mademoiselle âge tendre” (dans les années 80, il travaille beaucoup pour “Elle” alors dirigé par sa soeur Anne-Marie Périer) on ne peut certainement pas lui enlever ce qui saute aux yeux: son style.

“100 photos pour la liberté dela presse” est un parfait résumé de l’hallucinante galerie d’artistes qui se sont pliés à ses mises en scène – les chanteurs étaient à l’époque nettement moins à cran sur le contrôle de leur image qu’aujourd’hui. On retrouve donc dans l’album Françoise Hardy, son ex-fiancée qu’il se fera ravir par Jacques Dutronc, son meilleur ami, Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Sheila, Claude François, Michel Polnareff, France Gall… Mais aussi Catherine Deneuve, Brigitte Bardot, Alain Delon, Steve McQueen… Mais encore James Brown, Bob Dylan, les Beatles, les Rolling Stones – autant dire l’aristocratie du rock des sixties. Et, en passant, le reflet de la jeunesse dans ce qu’elle a de plus cataclysmique – l’insouciance et la beauté.

Ponctué par des témoignages de Bernard Pivot, Bertrand Delanoë, Marc Levy… – l’album – dont les bénéfices de la vente servent à financer les actions de Reporters sans frontières – est préfacé – excusez cette signature de Nobel – par Patrick Modiano qui, en regardant les photos de Jean-Marie Périer, évoque un photograghe avec “un manque total de prétention” et convoque “la couleur de nos rêves.”

“100 photos de Jean-Marie Périer pour la liberté de la presse”, Reporters sans frontières, 9,90 €.  

 

 

 

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