Les livres de l’été

Notre sélection des romans "relax baby be cool" de la saison.

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Vernon Subutex 2 – Virginie Despentes (Grasset)

Deuxième épisode des mésaventures SDF de Vernon Subutex, ancien disquaire à Paris dont la vie a suivi la courbe des ventes de disques. Il a chuté donc… Toujours clodo, Vernon s’est installé aux Buttes-Chaumont où d’anciennes connaissances viennent prendre de ses nouvelles, reconstituant une nouvelle faune bien dérangée. On n’est pas loin des douze apôtres autour d’un Christ pouilleux, avec des stars comme Céleste et Aïcha qui inspirent à Despentes ses plus belles pages. On conseillera quand même de démarrer la saga par le premier tome, au risque de se perdre (c’est quand même encombré de personnages là-dedans) et ne pas savourer toutes les subtilités de ce roman qui raconte la France d’aujourd’hui, déboussolée et énervée.

La fille du train – Paula Hawkins (Sonatine)

L’histoire d’une banlieusarde qui prend le train chaque matin pour aller bosser à Londres et qui, en chemin, fantasme sur un couple – Jess et Jason – dont elle aperçoit la vie à travers les vitres de sa maison. Jusqu’au jour où Rachel apprend que Jess a disparu… Un événement que Rachel aborde la tête dans les vapes et le coeur accidentée. Alcoolique, virée de son boulot et abandonnée par son mari, elle ne sait plus très bien ce qu’elle fait de ses jours (ni surtout de ses soirées) au point de nier son comportement harcelant vis-à-vis de son ex et de sa nouvelle compagne. Qui est vraiment Rachel? Et où est passée Jess? Un polar statique et enivrant construit autour du thème du voyeurisme.

Pandemia – Franck Thilliez (Fleuve Noir)

Deux cygnes sauvages retrouvés morts dans une réserve naturelle dans la Baie de Somme – d’autres signalés au Zwin pas loin de là -, des symptômes de grippe inédits et c’est le début de la panique… Le virus dont était porteur les oiseaux n’est pas répertorié par l’Institut Pasteur et plusieurs patients ont déjà été placés en chambre d’isolement. Autour d’une peur (qui nous pend au nez), Franck Thilliez imagine un thriller scientifique dont le suspens tient en haleine car c’est de la survie de notre espèce qu’il y  va. Ni plus, ni moins. Juste faire attention aux piqûres de moustiques au moment de la lecture…

Maman a tort – Michel Busi (Presses de la Cité)

Malone a trois ans et demi, mais il est déjà sûr d’une chose: ses parents ne sont pas ses vrais parents. Pourtant Malone n’a pas été adopté et ses parents ont toutes les preuves – photos d’anniversaire, certificat de naissance… – laissant entendre que l’enfant est le leur et qu’il a inventé cette invraisemblable histoire.  Pourtant Malone explique au psychologue de l’école qu’il se souvient qu’il a eu une autre maman et que c’est Gouti, sa peluche, qui le lui a dit. Michel Busi développe une intrigue inquiétante inspirée par les théories de la construction des souvenirs et du mécanisme de la mémoire. Parce que quand votre gamin va dire à tout le monde que vous n’êtes pas sa père, c’est flippant, non? 

Or noir – Dominique Manotti (Série Noire Gallimard)

En 1973, dans Marseille gangrénée par les luttes entre Zampa et Francis le Belge, le commissaire Théodore Daquin fait face à trois meurtres liés à la Somar, entreprise d’affrètement maritime… Tout l’appareil policier et judiciaire met des bâtons dans les roues de Daquin, flic atypique – hédoniste, intellectuel et homosexuel. En menant son intrigue dans les lisières du premier choc pétrolier, Dominique Manotti inscrit de façon très documentée la petite histoire dans la grande. Une dense et passionnante plongée dans les rouages secrets de l’économie.   

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