Quand la vaccination s’infiltre dans la pop culture

La vaccination est plus que jamais au cœur de notre société, mise à mal par un virus qui ne semble pas près de tirer sa révérence. Au-delà des discours officiels et scientifiques, la question de la piqûre fait aussi son chemin dans le monde du divertissement.

Un centre de vaccination dans GTA
© GTA Online

Si les autorités et la communauté scientifique peinent à trouver le moyen de convaincre les plus récalcitrants à la vaccination, la lutte contre le Covid-19 trouve d’autres chemins, plus informels. 

Au Brésil, Pfizer tente une approche plutôt originale pour atteindre la population jeune: le groupe pharmaceutique a lancé une campagne de vaccination virtuelle… dans GTA Online. Huit ans après la sortie de Grand Theft Auto 5, de nombreux joueurs arpentent toujours les rues de Los Santos via la partie multijoueurs en ligne. Ils peuvent, depuis peu, faire vacciner leur avatar contre le Covid-19. Avec, en contre partie, des bonus « in-game » comme une barre de protection à 100%. Ils doivent pour cela repartager la vaccination de leur personne sur les réseaux sociaux, avec le hashtag #InGameVaccine.

Une réticence des studios 

Plus largement, toute la question de la vaccination, et plus particulièrement celle contre le Covid-19, s’immisce dans la pop culture. Sur le petit écran notamment. Dans la saison 3 de la série Netflix You, le couple de sociopathes Joe et Love voient leur fils contaminé par la rougeole, à cause des enfants non-vaccinés du voisin. Avec un message clairement pro-vaccin (elle s’en prend physiquement à l’antivax en question, qui finit par se suicider).

Si certains prônent ouvertement la vaccination, d’autres préfèrent des chemins plus « subtils ». C’est le cas de la série The Resident. « Nous voulions amener les gens à réfléchir à la tragédie fondamentale que constitue la méfiance à l’égard de la science, qui peut conduire à une mort inutile », explique Daniela Lamas, scénariste de The Résident à nos confrères du Wall Street Journal. Un épisode de la série traitera ainsi de l’objection d’un patient à l’implantation d’un dispositif médical pour lui sauver la vie. Objection qui lui sera fatale.

A Los Angeles, le programme « Hollywood, Santé et Société » de l’université de Californie du Sud a associé des virologues, immunologues et autres experts de la santé à des producteurs, scénaristes et haut placés des studios pour promouvoir des scénarios corrects sur le virus. Le Wall Street Journal pointe néanmoins une certaine réticence des studios et chaînes de télévision à intégrer la vaccination dans les intrigues. Lassitude face à la pandémie, crainte d’être montée du doigt… ou tout simplement l’attrait « spectaculaire » relativement limité de la vaccination. « L’hésitation vaccinale est bien présente à Hollywood », ajoute Kate Folb, directrice du programme, interrogée par le média américain.

Tiktoks pour les plus jeunes 

La Maison Blanche de son coté a choisi de miser sur des streameurs Twitch, youtubeurs et Tiktokeurs pour atteindre un public plus jeunes, les 12-18 ans précisément. Comme le rapporte le New York Times, l’administration Biden a « engagé », via une agence de marketing, plus de 50 personnalités aux audiences dantesques. Un moyen, en outre, de contrer les fake news qui circulent en nombre sur ces réseaux sociaux.

Avant le Covid déjà

Cette sensibilisation à la vaccination dans la pop culture n’est pas nouvelle. En 1977 déjà, Star Wars encourageait son public à la pratique. Pour preuve, un poster relayé par Mark Hamill le 8 novembre dernier. « Parents de la planète Terre, votre enfant est-il immunisé? », peut-on y lire, juste au-dessus des droïdes R2-D2 et C-3P0. « Vérifiez que c’est le cas, appelez votre docteur ou département de la santé aujourd’hui. Et que la force soit avec vous ». 

Plus récemment, les créateurs du jeu Plague Inc, dont l’objectif est de créer et propager une maladie pour détruire l’humanité le plus rapidement possible, ont choisi d’intégrer le mouvement « anti-vaccin » à leur jeu. Et ce, à la suite d’une pétition dénonçant « la stupidité » des anti-vaccins. Depuis février 2019, les joueurs de Plague Inc peuvent donc faire intervenir des « antivax » durant une partie pour répandre leur virus plus rapidement. Et remporter leur partie. À noter que le jeu de Ndemic Créations a été interdit en Chine au début de la pandémie. 

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