Le musée de la photo à Anvers explore les masculinités

L’exposition du FOMU, “Masculinités: la libération par la photographie”, décrypte toutes les manières dont la masculinité a été codifiée, vécue, bafouée depuis les années 60’ jusqu’à nos jours.

Adi Nes expo masculinité
Untitled, série Soldiers 1994-2000. © Adi Nes

Abordant tous les angles de la masculinité par le biais des stéréotypes, du patriarcat, de la paternité, mais aussi par les politiques raciales ou la mouvance queer, l’exposition la divise en 10 sections. On passe d’une section où l’on dénonce les clichés à celle du renversement du regard masculin. Le volet majeur de l’exposition montre la perspective de l’hégémonie hétéronormative incarnée par l’idéale du soldat, du cow-boy ou de l’athlète.

Johan Coplans, combattant de la seconde guerre mondiale et pionnier de l’autoportrait, se lance dans l’exploration photographique de son corps. Il montre le vieillissement de celui-ci en dénonçant la culture visuelle du corps jeune et sportif. Adi Nes, homosexuel et juif, explore quant à lui la noble masculinité et la vulnérabilité des hommes en uniforme. Ses séries, “Soldiers”, “Boys”, et “Biblical stories” montrent la masculinité comme idéal sioniste à la fois au travers de mythes bibliques et de la culture juive. On retrouve aussi d’autres artistes comme Richard Avedon, Rineke Dijkstra, Peter Hujar, Isaac Julien, Rotimi Fani-Kayode, Robert Mapplethorpe, Catherine Opie et Wolfgang Tillmans.

Hal Fischer explore la scène homosexuelle à San Francisco, en identifiant et expliquant les différents accessoires et attributs de l’expression visuelle et vestimentaire gay. Puis on retrouve une section ou les artistes racisés vont se libérer du regard d’homme blanc.

Le patriarcat remis en question

L’exposition va aussi constituer un questionnement sur le pouvoir masculin, sa construction culturelle et les inégalités. Piotr Uklański confronte le visiteur à 164 portraits dans sa collection nommée Untilted, où il nous présente des portraits de grands acteurs qui ont incarné les nazis à l’écran. Il analyse la figure idéalisée de l’officier de la Wehrmacht glorifié par la propagande nazie de l’époque comme figure symbolique de la virilité de l’homme allemand. On y voit aussi plus loin la remise en question de la misogynie, du machisme, et du rôle du père au sein de la famille grâce aux œuvres de Larry Sultan. Pour lui, le fait d’avoir photographié son père est un moyen de s’interroger sur les significations assignées à l’identité masculine dans la culture américaine.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par FOMU Antwerp (@fomuantwerp)

L’exposition se termine avec le regard des femmes sur les hommes. Symbole du renversement du regard, Annette Messager expose des photos d’inconnus, souvent prises de vue sur leur entre jambe afin d’explorer le regard du prédateur. Enlever ce poids aux femmes et le faire ressentir aux hommes tel est le but de son œuvre.

Cette exposition temporaire offre donc un immense panorama de la photographie avec une grande diversité d’approche sur ce thème. Elle cherche à contribuer à la libération du regard sur les discriminations et sur l’oppression tout en offrant un nouvel imaginaire. Immanquable.

Jusqu’au 13 mars 2022. « Masculinités: La Libération par la Photographie », au FOMU. Waalsekaai, 47 à Anvers.

Sur le même sujet
Plus d'actualité