Expo Witches: le retour des sorcières

Objets de crainte ou de fascination, les sorcières traversent les imaginaires et les époques sous de multiples représentations. Un parcours historique, artistique mais aussi politique qui s’expose à Bruxelles.

exposition witches sur les sorcières

Voyage dans l’histoire

Elles ont effrayé nos nuits enfantines et nous fascinent pour leur liberté. Leurs représentations multiples au travers des âges nous parlent de corps, de médecine et de nature, de découverte, de refus de l’ordre établi… Aujourd’hui, elles reviennent en force dans les manifestations et messages féministes. Comment expliquer cette résurgence de la figure de la sorcière? Pourquoi elle? L’exposition Witches, jusqu’au 16 janvier 2022 à l’Espace ­Vanderborght (Bruxelles), tente de répondre à ces questions. À travers plus de 400 œuvres, objets, photographies et performances, elle explore les enjeux de société soulevés par la figure de la sorcière et vise à établir un dialogue entre les sorcières d’hier et d’aujourd’hui.

Au bûcher!

Au Moyen Âge, des dizaines de milliers de femmes ont été torturées, ­brûlées. Ces “sorcières” étaient accusées de pactiser avec le diable, d’être des femmes de la nuit ou de dévorer des enfants. Le prix à payer, dans une société misogyne et ultra-chrétienne, pour une femme sortant des sentiers battus, vivant en lien avec la nature, assumant une sexualité libérée ou avide de connaissance.

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Créature effrayante

Nez crochu, chapeau pointu, air menaçant, le tout enrobé de couleur noire et de quelques araignées… Quand la culture populaire s’accapare la sorcière, c’est d’abord pour en faire une créature effrayante, âgée, vile et souvent obsédée par la jeunesse et la beauté. Aidé par cette représentation imaginaire souvent dégradante, au carnaval ou pour Halloween, on se déguise en sorcière pour s’enlaidir et se faire peur.

Dans l’art

Grande figure artistique, la sorcière n’a jamais fini d’inspirer les artistes (comme La petite sorcière (1876) du Belge Félicien Rops), et ses représentations dans l’art au fil des époques en disent long sur l’histoire des sorcières. Représentations plus ou moins dénudées, ode – ou non – à la beauté, présence d’objets clichés…

Une figure de combat

Le chapeau pointu devient outil politique. Le XXe siècle est marqué par les combats des femmes pour l’égalité. Dans les années 70, les sorcières ressurgissent, plus féministes que jamais. Parmi elles, la Women’s International Terrorist Conspiracy from Hell, acronyme de WITCH (“sorcière”, en anglais), un groupe féministe actif aux États-Unis qui a fait de la lutte contre l’oppression masculine sa priorité.

Gentille sorcière

Exit la vieille moche et méchante. Avec les années, la sorcière perd sa verrue sur le nez et devient une figure nouvelle d’émancipation: une femme jeune, rebelle et libre. La pop culture s’empare de cette vision. D’Hermione Granger à l’héroïne de BD Mélusine en passant par des séries télé comme Ma sorcière bien-aimée, Sabrina, l’apprentie sorcière ou les filles de ­Charmed, la sorcière donne aux petites filles une image de liberté que ­toutes veulent s’approprier.

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Petites-filles de sorcières

Nous sommes les petites-filles des sorcières que vous n’avez pas pu ­brûler!” Les femmes sont dans la rue, brandissent des pancartes aux ­slogans évocateurs et font des ­sorcières d’hier leurs mères et leurs sœurs. Elles revendiquent la libre ­disposition de leur corps, dénoncent les violences sexuelles dont elles sont victimes, réclament l’égalité. En 2021, la sorcière est plus que jamais une femme militante.

WITCHES, jusqu’au 16/1/2022. Espace ­Vanderborght, Bruxelles.

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