Jeanloup Sieff: le photographe des stars

Jane Birkin, Coluche, Hitchcock ou encore Yves Saint Laurent ont tous été immortalisés sous l’objectif de Jeanloup Sieff. Un parfum des temps heureux au Musée de la Photo de Charleroi.

Jeanloup Sieff

À la mort de Coluche en 1986, on s’en souvient, la photo qui fait la une du quotidien Libération est signée Jeanloup Sieff. L’émotion est totale. En revanche en 1971, quand Yves Saint Laurent, dieu vivant de la haute couture, avait posé nu pour lancer sa première eau de toilette, cela avait choqué. À la joie partagée de YSL et de Jeanloup Sieff! C’est à ce grand photographe français, disparu en 2000, que l’expo du Musée de la Photo rend hommage en conviant toute une pléiade de beautiful people: Jane Birkin et Serge Gainsbourg, enlacés, Charlotte Rampling, si belle dans sa nudité, Romain Gary, Romy Schneider, François Truffaut sous un parapluie, Françoise Sagan dans son auto grand sport. Lorsqu’il travaille aux USA pour le magazine Harper’s Bazaar, Sieff parvient même à convaincre Hitchcock de faire mine d’étrangler un joli top- modèle devant la maison du film Psychose

Une facette moins connue

C’est à la photo de mode que Sieff doit sa célébrité dès la fin des années soixante, collaborant à des magazines prestigieux, Vogue, Elle, Esquire, Queen. Le style de femme à la Sieff, icône aux jambes interminables et fines sublimant les créations de grands couturiers, dévoile la perfection de sa silhouette dans la campagne anglaise, sur un champ de foire ou sur une plage de galets. Il est obsédé par la capture de l’instant unique, la composition, l’usage du grand-angle, la profondeur des noirs, la qualité des tirages. Une quête d’une beauté si pétillante, si élégante, si libre qui fait de ce travail une œuvre d’art, et de Sieff, faux frivole, l’interprète d’une époque heureuse, celle des “années lumière” que furent les “Trente Glorieuses”.

À Charleroi, où la collection Sieff du musée se mêle aux photos gérées par la famille de l’artiste, on découvre aussi une facette moins connue. En 1959, alors qu’il vient de faire un passage furtif à l’Agence Magnum, le mensuel Réalités l’envoie en reportage dans le Borinage où gronde la colère sociale. Sieff brosse de la vie des gueules noires un portrait si fort qu’il se voit récompensé par le prestigieux prix Niépce. Un travail qui ne manque pas d’émouvoir même si ce n’est pas, on l’a vu, dans ce registre-là qu’éclatera tout le talent de Sieff. 

**** JEANLOUP SIEFF, LES ANNÉES LUMIÈRE, jusqu’au 7/5/2017.  Musée de la Photo, 6032 Charleroi. www.museephoto.be

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