Rebel Rebel: quand la culture rock flirte avec l’art contemporain

À voir au Mac’s au Grand-Hornu, Rebel Rebel  nous propose des images qui interrogent nos réflexes de consommation et notre amour des dieux vivants.

David Claerbout: KING

Rebel Rebel n’est pas une expo sur le rock. Et encore moins sur l’histoire du rock. Rebel Rebel n’est pas non plus une expo autour d’œuvres réalisées par des musiciens – même s’il y en a quelques-unes. Rebel Rebel n’est donc pas une réplique de l’expo It’s Not Only Rock And Roll qui, en 2008 à Bozar, montrait de quoi sont capables les stars du rock lorsque – de Brian Eno à Pete Doherty – il s’agit d’investir le champ des arts plastiques. Plus pointu (si c’est possible) mais tout aussi passionnant, Rebel Rebel focalise sur les ponts élevés entre la culture rock et l’art contemporain. Comment l’art, miroir de son époque, incorpore dans sa grammaire des thèmes et des motifs inspirés ou empruntés à la musique.
La culture rock, qui accompagne l’avènement de l’adolescence comme marché économique à la fin des années 50, s’est construite sur une croyance aux images mixée à des accès de contestation. Le tout naviguant entre le superficiel, les modes et les courants de pensée. Cet esprit s’exprime à travers des tribus qui permettent aux jeunes de vivre des rites d’initiation, reflets de pratiques ancestrales. Exemple dans l’expo: la série Vikings & Panthers du photographe Gilles Elie Cohen qui, au début des années 80, suit deux bandes parisiennes adeptes du rockabilly. Croyance aux images et image du corps qui, dans le rock, devient un objet de désir. Le fétichisme du chanteur rock comme dieu vivant, qui suscite donc l’adoration, est bien sûr présent au Mac’s – notamment sur cette image  vidéo monumentale de David Claerbout baptisée KING, à la gloire d’Elvis Presley – pris au plus près de sa jeunesse.

Série en syrie

L’une des pièces qui nous a le plus touchés est construite à partir de 49 pochettes identiques – celle du premier single de The Cure, Killing An Arab, paru en 1978 et inspiré par L’étranger de Camus. Patrick Guns joue sur l’effet de répétition, évoque un travail en cours et une comptabilité morbide qui renvoie au conflit syrien.

 

Killing An Arab

REBEL REBEL: ART + ROCK, jusqu’au 22/1/17. Mac’s, rue Sainte-Louise 82, 7301 Hornu. www.mac-s.be 

REBEL REBEL art+rock par Denis Gielen from MAC’s on Vimeo.

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