Hergé et l’art moderne

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Dans les années soixante, Marcel Stal, grand marchand d’art et ami de Hergé, tient une galerie d’art à Bruxelles. Le père de Tintin, attiré par l’art de son temps, y rencontre régulièrement collectionneurs, artistes, critiques d’art. Son regard s’affine. Peu à peu, il acquiert des toiles de Fontana, Poliakoff, Frank Stella, Warhol, Miró, Balthus… Quelques-unes sont pour l’instant visibles au Musée Hergé, dont les superbes sérigraphies Cathédrales de l’Américain Roy Lichtenstein ou de Jean Dubuffet ou encore ce gracieux mobile de Calder évoqué par Hergé dans une lettre à son ami Tchang. De tableau en sculpture et correspondance, l’on découvre le goût précis de Hergé pour la qualité, l’économie des formes et des lignes.
Les aventures de Tintin le fatiguent-   elles à l’époque? Toujours est-il que Hergé ressent, lui aussi, le besoin de peindre. Avec comme prof Louis Van Lint, un des meilleurs abstraits belges, il s’y met. Et comprend bientôt que pour faire œuvre personnelle, il devrait s’y consacrer entièrement. Il range alors ses pinceaux. Définitivement. Avec le recul, le critique d’art Pierre Sterckx détecte pourtant dans ce travail un réel potentiel.“E ût-il été persévérant et entêté, peut-être que dix ans plus tard, comme tous les peintres, il serait sorti de sa chrysalide”. Mais Hergé l’a dit lui-même: “Je ne peux pas être peintre du dimanche ou du samedi après-midi, c’est impossible ”. Impossible, parce qu’il y a, encore et toujours, Tintin auquel Hergé ne veut ni ne peut renoncer. La preuve par les beaux crayonnés, ici exposés, de Tintin et    l’Alph-Art, l’album que l’artiste malade n’achèvera pas. Il ne vous reste que quelques jours pour découvrir cette facette si émouvante de Hergé. Allez-y et vite, tonnerre de Brest! 
TONNERRE DE BREST!, jusqu’au 26/6.  

Musée Hergé, 1348 Louvain-la-Neuve. www.museeherge.com

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