La Boverie sublime la Cité ardente

Après des années de travaux, le musée ligeois ouvre ses portes avec Plein air, une expo concoctée avec le Louvre. Une réussite totale.

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« Raser un bâtiment, je ne le fais pas!« , lance  l’architecte français Rudy Ricciotti, auteur, avec le cabinet liégeois p.HD, de la renaissance de l’ancien Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain (Mamac), rebaptisé La Boverie comme le parc qui l’entoure, entre les eaux de la Meuse et de la Dérivation. Avec cette formule cash, Ricciotti, architecte du resplendissant MUCEM à Marseille, veut surtout rappeler que le bâtiment d’origine, d’inspiration Louis XVI,  créé en 1905 et « d’avant-garde pour l’époque » méritait d’être respecté. « Il s’agissait essentiellement d’en sublimer les potentiels ».

En gros, La Boverie s’est vue greffée d’une large extension de verre et de béton, s’ouvrant à l’ouest, “comme un écran”, happant la lumière, offrant une vue unique sur l’eau, le parc, les arbres dont, à l’intérieur, une haute colonnade prolonge l’enfilade. En plus de l’extension, de nombreux autres aménagements (vingt-quatre millions d’euros au total) ont été apportés (hauteur accrue des plafonds, agrandissement des espaces d’expo, création d’un auditorium…). Bref, de quoi optimiser les lieux pour redécouvrir les collections réunies des Beaux-Arts de la Ville de Liège, « une vraie cité avec de vraies gens », dit Ricciotti qui n’hésite pas à qualifier d’érotique la Cité Ardente! Et il est vrai qu’avec sa Belle Liégeoise, la passerelle enjambant désormais la Meuse et menant directement le visiteur depuis la gare Calatrava à La Boverie, le charme opère à cent pour cent.

Pour ce qui est du contenu, il n’est pas anodin non plus que le Louvre ait conclu un partenariat avec La Boverie, lui donnant ainsi sa caution, pour les trois premières expos temporaires. En plein air, l’expo d’ouverture plonge le visiteur dans la peinture à l’air libre, pratiquée par les peintres sortant de leur atelier. « Contrairement à ce que l’on croit souvent, ce n’est pas l’impressionnisme qui a inventé cette peinture », dit Vincent Pomarède, directeur de le programmation du Louvre, pointant ici un Corot ou là une belle ascension en montgolfière du XVIIIe siècle. Les thèmes évoquant les rapports de l’homme avec la nature défilent (« Leçons d’amour dans un parc », « Guinguettes »…) dévoilant des œuvres exceptionnelles, comme Déjeuner sur l’herbe de Cézanne, ou encore Promenade au Bois de Boulogne d’Henri Evenepoel. Manet, Monet, Renoir, Picasso, Matisse sont là aussi. Le visiteur peut aussi découvrir les prêts de quarante-sept institutions européennes et américaines (Louvre, Orangerie, Prado,  Museum of Art Texas…) et de quatre collectionneurs privés. Soit 125 œuvres pour la plupart magnifiques ou intéressantes. Seul bémol, le peu d’ouverture du parcours sur le parc où dès les premiers beaux jours, les Liégeois, et les autres, viennent pleinement  jouir… du plein air.

> La Boverie, parc de la Boverie, 4020 Liège. www.laboverie.com

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