Laure Calamy dans les Cyclades : «La vraie séduction, c'est d'être vivant»

On a rencontré la flamboyante actrice Laure Calamy, à l'affiche d'un buddy movie au féminin Les Cyclades.

Laure Calamy dans les Cyclades
© Prod.

Pour le cinéaste Marc Fitoussi, réalisateur des Cyclades, joyeuse comédie féminine en salles cette semaine, Laure Calamy a quelque chose d’Isabelle Huppert : «Laure fait partie des rares actrices qui vous surprennent sans cesse, de scène en scène elle a toujours quelque chose de nouveau à apporter, c’est un stradivarius !» Ces deux-là se sont d’ailleurs rencontrés sur le tournage de la série Dix pour cent qui révélait Laure au fil de trois saisons à succès (visibles sur Netflix) dans le rôle décapant de Noémie, l’assistante folle amoureuse du chef de l’agence. En l’espace de cinq ans, Laure Calamy est devenue l’une des actrices les plus essentielles du cinéma français. Sa généreuse nature a ainsi été récompensée dans des comédies (Antoinette dans les Cévennes pour laquelle elle remporte le César de la meilleure actrice en 2021 ou le récent L’Origine du mal) mais l’a également vu enchaîner les drames engagés (Une femme du monde sur la prostitution, A plein temps pour lequel elle obtient le prix Orizzonti au festival de Venise, et Annie Colère de Blandine Lenoir sur l’avortement, actuellement en salles). Laure Calamy partage ici l’affiche des Cyclades, buddy movie au féminin où deux amies de jeunesse se retrouvent en Grèce sur l’île d’Amorgos (théâtre du Grand Bleu de Luc Besson) avec Olivia Côte et Kristin Scott Thomas. De passage aux journées UniFrance à Paris, elle nous a accordé un entretien en jean et pull léopard vert assorti à ses yeux immenses, le panache en bandoulière.

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Magalie que vous incarnez dans Les Cyclades, est restée fidèle à son adolescence. Elle porte la gaieté comme une politesse envers la vie. Est-ce ce qui vous a touché dans ce personnage ?
Laure Calamy - C’est exactement ça. Car la difficulté avec la vie, quand on a la chance de pouvoir vieillir, c’est de ne pas se laisser submerger par tout ce qu’on nous envoie dans la gueule chaque jour. Garder de l’ouverture, ne pas se rétrécir, rester fidèle à quelque chose de notre enfance et de notre adolescence, de nos rêves ou de notre envie de rencontre avec les autres, ne pas se plier trop facilement aux injonctions qu’on nous fait subir toute la journée, essayer de garder son panache, tout ça me touche. Magalie regarde le verre à moitié rempli plutôt que vide et je trouve ça très beau.

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Oui, j’étais très heureuse de retravailler avec Marc car entre nous ça a été une rencontre particulière, très joyeuse et très inventive du point de vue du jeu. J’avais aussi envie de retrouver ensemble cette possibilité de comédie. Je venais d’enchaîner quatre films plus sombres et j’avais un peu sous-estimé que ça peut nous affecter en tant qu’acteur. Par définition on a une porosité avec nos rôles et j’étais heureuse de respirer et swinguer autrement. Et puis c’était une joie aussi sur ce film de retrouver ma pote de vingt ans Olivia Côte.

Votre duo se mue en trio avec Kristin Scott Thomas autour de la question de l’amitié féminine et de la sororité : en quoi ce thème était important pour vous ?
Je trouve beau de mettre au centre d’un film des femmes qui, comme le personnage de Blandine (Olivia Côte dans le film) ont été quittées et comme le dit Virginie Despentes, ne font pas partie du « marché de la bonne meuf » si on se met du point de vue du regard masculin. Mais si on regarde cette histoire du point de vue du désir de la femme, on lui octroie une place désirante et donc désirable. Le film pose vraiment la question du désir. À partir du moment où on est vivant, intelligent et qu’on est dans la vie, c’est cela la vraie séduction de mon point de vue. Pourquoi les femmes y renonceraient-elles ? En même temps, le film reste très pudique et ne tombe pas dans une psychologie simplificatrice, c’est ce qui m’a plu.

Les blessures sous-tendent le film, mais sans pathos.
Oui, le film raconte aussi une partition invisible. Magalie danse sur son volcan, elle a appris à sauter d’un endroit à l’autre et ne se brûle plus tant que ça… Elle tente de garder son panache et de ne pas se laisser dévorer par la lave ! (Elle part d’un grand rire communicatif).

*** Réalisé par Marc Fitoussi. Avec Laure Calamy, Olivia Côte - 110’. 

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