The Banshees of Inisherin, Tirailleurs... Les films à ne pas manquer (ou à éviter) au cinéma

La rédaction a sélectionné pour vous les nouveaux films à ne pas manquer... ou à éviter cette semaine au cinéma.

Tirailleurs
© Prod.

The Banshees of Inisherin

En 1923, sur la petite île irlandaise isolée d’Inisherin, le temps s’écoule avec monotonie. Padraic (Colin Farrell), modeste paysan, vit avec sa sœur Siobhan (Kerry Condon) et retrouve chaque jour son vieil ami Colm (Brendan Gleeson) au pub pour parler de la pluie et du beau temps. Du jour au lendemain, Colm met fin à leur amitié, laissant un Padraic ­abasourdi mais bien déterminé à faire revenir son compère sur sa décision… Martin McDonagh (Three Billboards) retrouve ses deux comédiens de Bons baisers de Bruges, les “Banshees” du titre étant des créatures de la mythologie du folklore irlandais qui annoncent la mort avec un cri silencieux entendu seulement par leurs victimes.

Ici, c’est aussi la mort d’une amitié qui vient se greffer à une autre séparation en train de se jouer au loin, celle du sud de l’Irlande, alors en pleine guerre d’indépendance vis-à-vis du Royaume-Uni. De ces tourments intimes qui appellent de plus grands bouleversements, McDonagh, qui dirige des comédiens au diapason, tire une fable ironique et poignante. Kerry Condon, sublime premier rôle féminin, donne la réplique à un formidable Colin Farrell, couronné meilleur acteur à la Mostra de Venise en septembre dernier. Une récompense qui en appelle peut-être d’autres… En attendant les Oscars, le film a décroché huit nominations aux Golden Globes qui se tiendront le 11 janvier. Pour une fois, les Banshees ­semblent avoir été porteuses d’heureux présages. - O.C.

À lire aussi : Voici la liste complète des nommés aux Golden Globes 2023


*** Réalisé par Martin McDonagh. Avec Colin Farrell, Brendan Gleeson – 114’.

Tirailleurs

La France les réquisitionnait sans ménagement dans leur pays pour servir de chair à canon. Elle leur tenait aussi des promesses qu’elle n’avait aucune intention de tenir. La mémoire des tirailleurs sénégalais qui ont versé leur sang pour une patrie qui n’était pas la leur est longtemps restée dans des tiroirs d’une histoire plus prompte à glorifier les héros à la peau blanche et au patronyme “bien de chez nous”. Dans Tirailleurs, deuxième long-métrage de Mathieu Vadepied (après La vie en grand), il est question de l’attitude mensongère de la France à l’égard de ces soldats venus d’Afrique, comme Bakary Diallo interprété par Omar Sy, producteur du projet. Le récit retrace l’histoire d’un homme qui va s’engager pour pouvoir protéger son fils de 17 ans, enrôlé de force. Tirailleurs est moins un film de guerre qu’un film sur les conditions de guerre endurées par ces soldats “de seconde zone”. Mais c’est aussi une très belle histoire d’amour paternel. - E.R.


*** Réalisé par Mathieu Vadepied. Avec Omar Sy, Alassane Diong – 100’.

Cet été-là

Dune a 11 ans. Trop vieille pour jouer avec sa copine Delphine, trop jeune pour flirter avec les garçons. Dune filme tout et tout le monde avec un vieux caméscope.  Elle a “besoin de se fabriquer des souvenirs”. Dune est l’héroïne du dernier film d’Éric Lartigau, l’heureux réalisateur de La famille Bélier. Dans Cet été-là, il raconte les vacances familiales dans les Landes qui vont changer la vie de Dune et celle de ses parents entre lesquels l’orage commence à gronder. Les films dont les héros sont des enfants n’ont d’intérêt que si leur regard nous apprend des choses sur les adultes et sur eux-mêmes. C’est le cas avec cette comédie douce-amère tirée d’un roman graphique de Mariko Tamaki. Cet été-là est une chronique qui a la douceur des fins d’après-midi d’été, quand on voudrait que le soleil reste encore un peu mais qu’on est heureux quand même à l’idée de dîner dehors, face à la mer. Dans le rôle de Dune, la jeune Rose Lou Pellicer vole la vedette à Marina Foïs, Chiara Mastroianni et Gael García Bernal. - E.R.


** Réalisé par Éric Lartigau. Avec Rose Lou Pellicer, Marina Foïs – 99’.

The Enforcer

Antonio Banderas est-il atteint du même syndrome qui empoisonne les choix de Nicolas Cage et de John Malkovich? Ne poursuit-il sa carrière que pour le chèque glissé dans les scénarios qu’on lui envoie? Devrait-il changer d’agent? Le génial acteur de Dolor y gloria de Pedro Almodovar promène une silhouette fatiguée dans The Enforcer où il joue un ex-taulard devenu homme de main qui tente de recréer un lien avec sa fille et qui, à défaut d’être un vrai père, joue les bons samaritains pour une gamine victime d’un réseau de cyber pornographie. Ce thriller, qui rappelle les vieilles séries B de Charles Bronson, souffre d’une absence de scénario et d’un manque cruel de réalisation. Même Antonio ne semble plus y croire. - E.R.


* Réalisé par Richard Hughes avec Antonio Banderas, Mojean Aria.  - 91’

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