Ruggero Deodato, maître du cinéma gore et réalisateur de "Cannibal Holocaust", est décédé

Le cinéaste italien est mort ce 29 décembre à l'âge de 83 ans. Maître du cinéma gore, il avait choqué le monde dans les années 80 avec le cultissime "Cannibal Holocaust".

Ruggero Deodato, maître du cinéma gore et réalisateur de  Cannibal Holocaust , est décédé
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C'est sans doute le film le plus gore de l'histoire du cinéma. "Cannibal Holocaust" est sorti en 1980 sous les hurlements et l'indignation. Filmé comme un documentaire, l'histoire suit un groupe d'Occidentaux idéalistes en pleine forêt amazonienne à la recherche de tribus "authentiques". Les indiens s'avèrent être cannibales et les jeunes blancs l'apprendront à leurs frais. Sang, terreur, mort dans d'affreuses souffrances...

Pourtant, les scènes les plus choquantes n'étaient pas forcément celles mettant en scène des humains, mais plutôt celles qui montraient à voir la mise à mort bien réelle d' animaux. Mis en cause, Deodato répondait, laconiquement: "Le quota de chasse a été respecté".

A peine sorti, le film est retiré de l'affiche. Et devient culte. Le marqueur d'un genre, le cinéma "gore". Quarante-deux ans après sa sortie, personne n'a encore réussi à dépasser ce monument d'horreur, témoin d'une époque où le cinéma était encore subversif et offrait des sensations quasiment inavouables. Au sortir de la salle, d'aucuns pouvaient se vanter: "J'ai vu Cannibal Holocaust, je ne crains plus rien ni personne".

Maître du cinéma gore

Né le 7 mai 1939 à Potenza, Ruggero Deodato commence sa carrière dans le cinéma en tant qu'acteur. Ou plutôt, en faisant de la figuration. Il s'intéresse alors à la réalisation et sera assistant de Roberto Rosselini, Corbucci ou Bragaglia dans les années 60. Ses premiers films en tant que réalisateur sont de facture assez classique.

C'est en 1977 qu'il se lance dans l'horreur avec "Le dernier monde cannibale". Concept qu'il poussera plus loin avec "Cannibal Holocaust". Son nom circule et voilà Deodato considéré comme le maître du cinéma gore. Il poursuivra sur cette route avec "Amazonia: la jungle blanche" (1985), "Body Count", "Les Tueurs de la pleine lune" et "Angoisse sur la ligne".

Les années 90 marquent son déclin en même temps que celui du cinéma d'exploitation italien. Il travaille à la télé, continue de tourner des séries B, avant de revenir, en 2016, à l'horreur avec "Ballad in Blood", son dernier film en solo. Dernièrement, il travaillait sur inspiré de "Cannibal Holocaust", censé être le quatrième volet de sa saga cannibale.

 

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