Sous les figues, une jeunesse tunisienne en lutte

Prix Rêvolution du dernier Cinemamed, Sous les figues est un marivaudage délicat où bruissent les désirs de la jeunesse tunisienne.

Sous les figues
© Prod.

Née en France de parents tunisiens, Erige Sehiri est retournée dans la région de son père pour y filmer la jeunesse qu’elle n’a pas eue. «J’aurais pu être ces filles de la campagne, j’ai voulu m’imaginer une journée dans leur vie», nous a-t-elle confié alors que Sous les figues, son premier long-métrage film, était présenté au dernier Cinemamed à Bruxelles. Il raconte une journée lors de la récolte des figues. On y suit Fidé, Melek, Sana, Mariem (un authentique casting de jeunes filles du pays qui cueillent des cerises l’été) et reconstitue, le temps d’une journée, les rapports de pouvoir et les dynamiques de la jeunesse tunisienne, dix ans après la révolution arabe. «C’est la génération de la Révolution mais ils ne le savent pas vraiment. Pourtant Fidé porte ces rêves de liberté dans son franc-parler et sa fougue», poursuit la réalisatrice. Dans l’espace clos du verger, quelque part entre Abdellatif Kechiche et Sofia Coppola, son film se regarde comme une peinture sensible et éthérée qui redonne une voix aux femmes de la ruralité, à leurs peines comme à leurs espoirs. À découvrir !


 *** Réalisé par Erige Sehiri. Avec Fidé Fdhili, Ameni Fdhili, Feten Fdhili, Samar Sifi - 92’. 

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