Avatar 2 : La Voie de l'eau, un spectacle éblouissant de près de 3h15

Dix ans après le choc visuel d’Avatar en 3D, James Cameron immerge son épopée numérique sous la mer pour une expérience de cinéma hors normes. Rencontre - grandiose - avec l’équipe d’Avatar: La voie de l’eau.

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La dimension sacrée de l’eau est au centre de la philosophie du film. © Prod.

Il faut s’apprêter à vivre une sorte d’épopée numérique, un spectacle visuel éblouissant qui remonte aux origines du cinéma et provoque les mêmes sensations que celles expérimentées par les premiers spectateurs découvrant les films des frères Lumière. À Londres, on a chaussé nos lunettes 3D et embarqué en avant-première mondiale dans un cinéma Imax de Leicester Square pour entrer dans ­Avatar: La voie de l’eau - suite d’un voyage virtuel imaginé par James Cameron sur la planète ­Pandora. Impossible de lutter tant le spectacle, somptueux et éreintant, vous emporte pendant près de trois heures quinze.

On avait laissé l’ancien soldat Jake Sully (Sam Worthington) se fondre dans le peuple Na’vi et devenir l’un des leurs auprès de Neytiri (Zoe ­Saldana), Cameron revisitant à sa manière le mythe de Pocahontas. On retrouve ici le couple quinze ans plus tard. Jake et Neytiri sont les parents de quatre enfants. Deux garçons et deux filles, dont Kiri, adolescente adoptée interprétée par Sigourney Weaver, sorte de réincarnation Na’vi du docteur Grace qu’elle interprétait dans le premier épisode. Mais Pandora subit de nouveau les assauts des humains qui cherchent à la coloniser sous la houlette de l’affreux colonel Quaritch (Stephen Lang), affublé d’un avatar Na’vi décidé à anéantir Jake et sa famille qui trouvent refuge dans les mondes aquatiques de la tribu Metkayina.

Metkayina est dirigée par Ronal (Kate Winslet) et son époux (l’acteur d’origine maorie Cliff Curtis) qui vont les initier à la vie sous-marine. Avatar: La voie de l’eau est la première des quatre suites prévues pour la franchise (la deuxième est tournée à 80 %) et les prises de vues de la troisième ont commencé, “avant que les enfants grandissent trop”, plaisante Cameron qui a voulu repousser ici les frontières du récit en fonction des dynamiques familiales. “Je suis père de cinq enfants, explique-t-il. Une fois qu’on est parent, la vie change, nos responsabilités ne sont plus les mêmes, nos peurs non plus. J’ai voulu que les liens familiaux soient au cœur du récit.”

Technologie et émotion

Émotions familiales au rendez-vous donc avec, en point de mire, la star du film: l’océan de Pandora peuplé de créatures fabuleuses. Parmi elles, le ­fantastique Tulkun, baleine extraordinaire dotée d’intelligence émotionnelle et de langage, que les Na’vis considèrent comme leur sœur et dont l’huile fait l’objet de la prédation des hommes. On sait que James Cameron et l’océan, c’est une grande histoire… Le réalisateur de Terminator, d’Alien 2 et de Titanic est aussi celui d’Abyss, chef-d’œuvre S.F. de 1989 tourné dans le réacteur inachevé d’une centrale nucléaire remplie de millions de litres d’eau. Pour tourner les scènes aquatiques d’Avatar: La voie de l’eau, Cameron et Richard Baneham (directeur des effets spéciaux) ont donc commencé à ­filmer les acteurs dès 2017 en motion capture dans un bassin supertank artificiel aux Manhattan Beach Studios en Californie. Les scènes sous- marines ont été intégrées dans les décors virtuels de Weta FX en Nouvelle-Zélande (la maison de Peter Jackson), sous la supervision de Joe Letteri (en charge des effets du Seigneur des anneaux et de King Kong) qui a su reconstituer l’écosystème aquatique de Pandora, ses atolls coralliens et ses créatures sous-marines inspirées de raies mantas et de cétacés préhistoriques.

Les acteurs ont dû tourner en apnée afin qu’on capte mieux toutes les émotions inscrites sur leur visage. “À ce stade de ma carrière, l’émotion est ce qui m’intéresse avant tout, précise Cameron. Dans Avatar, au-delà du spectacle, je suis ébloui par le jeu des acteurs et ma grande fierté est d’avoir préservé la profondeur de leur jeu.” À tel point que les Na’vis apparaissent plus humains que les humains, déshumanisés par leur rapacité… “Je fais de la plongée en apnée depuis vingt ans et Kate Winslet m’a épaté, poursuit ­Cameron. Elle a tenu plus de sept minutes sous l’eau en plongée libre, mais ça n’était bien sûr pas une ­compétition.”  Pour la jeune Bailey Bass (fille de Kate Winslet dans le film), il a fallu “inventer une manière de jouer sous l’eau, une fois la peur dépassée”.

Une famille, un lieu, un monde

Si James Cameron ne renouvelle pas l’image de la famille (les rôles paternels et maternels restent très classiques, même si les mères sont aussi des guerrières, selon le credo “la famille est une forteresse”), Avatar montre la bascule nécessaire des générations. “J’ai dû retrouver en moi la maladresse de l’adolescence, confie Sigourney Weaver. Kiri n’est pas une guerrière, mais elle a un pouvoir ­féerique qu’on va découvrir au fur et à mesure du film. Un pouvoir qui ­touche à l’identité des jeunes filles et aux différentes manières d’être forte quand on est une femme.

Quant au jeune acteur Jamie Flatters qui incarne l’aîné de la famille Sully, il est très clair sur son engagement dans le film. “Pour développer les techniques de survie, raconte-t-il, on est parti une semaine à Hawaii dans la forêt avec nos couteaux. C’était incroyable…  Mais James ­Cameron a cette habileté à voir la beauté dans un rapport sacré à l’eau qui constitue la philosophie du film. Ce film est une manière de connecter toutes nos émotions. ­Avatar est donc un film qui change notre manière de voir le monde.”  Vision partagée par Kate Winslet qui nous explique qu’aller voir Avatar, c’est “entrer dans un espace chargé de vérité, c’est un monde en soi”. Reste au public à plonger dans les salles…

**** Réalisé par James Cameron. Avec Sam Worthington, Zoe Saldana, Kate Winslet - 192’.

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