Eo, une odyssée terrifiante de beauté

Prix du jury au dernier festival de Cannes, Eo est une incroyable fable politique terrifiante de beauté.

EO
© Prod.

Le cinéaste le plus audacieux de l’année est Polonais et il a 84 ans. Camarade de jeunesse de Roman Polanski, exilé ensuite aux États-Unis, Jerzy ­Skolimowski s’inspire pour ce film du chef-d’œuvre de Robert Bresson Au hasard Balthazar sorti en 1966. Eo nous donne à voir le monde à travers le point de vue d’un âne qui fait “Hi-han” (“Eo” en polonais)… L’histoire retrace les ­tribulations d’un âne de cirque amoureux d’une jongleuse et témoin égaré de la cruauté des humains. Son voyage solitaire à travers la Pologne nationaliste – et jusqu’aux abattoirs italiens – se révèle comme une éblouissante fable politique et animalière sur les fractures de l’Europe ­contemporaine. Le film a remporté le prix du jury du dernier Festival de Cannes. Il représente surtout un incroyable moment de cinéma où se loge aussi une inépuisable et ­terrifiante beauté. Un film qu’il faut donc voir sur grand écran…

 **** Réalisé par Jerzy Skolimowski. Avec Sandra Drzymalska, Tomasz Organek, Isabelle Huppert – 89’.

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