Bardo, fausse chronique de quelques vérités : le dernier film décousu d’Alejandro Iñárritu

Avec Bardo, Alejandro González Iñárritu interroge deux identités: la sienne et celle de son pays.

Bardo
© Prod.

"Ceci n’est pas un rêve". Même si le fil narratif du ­dernier film du réalisateur de The Revenant ou Birdman est pour le moins décousu, si l’impression persistante est que l’on voyage dans l’inconscient du narrateur et auteur, les apparences sont trom­peuses. Bardo raconte l’histoire d’un journaliste et documentariste mexicain qui vit aux États-Unis et revient dans son pays pour y recevoir un prix. C’est l’occasion pour lui de faire le point sur son existence, son couple, un deuil impossible, les rapports qu’il entretient avec ses enfants, ses parents et lui-même.

Une crise de légitimité lui tombe dessus, un énorme syndrome de l’imposteur qui est mis en parallèle avec son pays natal. Un Mexique écartelé entre une histoire spoliée par les envahisseurs espagnols et un présent qui oscille entre chaos intérieur et voisinage probléma­tique avec l’Oncle Sam. Prétentieux parfois, complaisant souvent, trop long certainement, Bardo permet pourtant à son réalisateur de faire montre d’un imaginaire visuel sans limite. À voir de préférence dans une salle de cinéma même si cette production Netflix débarque sur la plateforme le 16 décembre prochain.

** Réalisé par Alejandro González Iñárritu. Avec Daniel Giménez Cacho, Griselda Siciliani. – 159’. 

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