Couleurs de l’incendie, le film le plus réussi de Clovis Cornillac

Avec Couleurs de l’incendie, Clovis Cornillac trouve un projet à la hauteur de ses ambitions de réalisateur.

clovis cornillac dans Couleurs de l'incendie
© Prod.

Dans sa trilogie des Enfants du désastre, l’écrivain Pierre Lemaitre décrit moins une saga familiale, même si les personnages font partie du même arbre généalogique, que les époques qu’ils traversent. Après la période “post-”Première Guerre mondiale de Au revoir là-haut, c’est le passage des années 20 aux années 30 que raconte Couleurs de l’incendie: la crise de 1929, la montée du nazisme et la course à l’armement. Avec, au centre du récit, une femme. Héritière d’un empire financier, Madeleine Péricourt (excellente Léa Drucker) est trahie par une poignée d’hommes qui la ruinent et dont elle va se venger d’une manière impitoyable. Après des comédies légères, Clovis Cornillac signe avec Couleurs de l’incendie son film le plus ambitieux et le plus réussi. C’est Pierre Lemaitre qui écrit le scénario et les dialogues, offrant au comédien et réalisateur un terrain de jeu qui semble ­parfaitement lui convenir.

Mon envie est de faire du grand cinéma populaire, explique Clovis Cornillac. C’est vers là que je veux aller. Faire du grand cinéma populaire, c’est avoir accès à un territoire plus ambigu que Marvel, qui m’endort, sans pour autant faire du Ken Loach. Mais dans un grand film populaire, il y aura certaines ­choses qui t’emmèneront vers Ken Loach et d’autres vers Marvel. Je me sens légitime à faire ça.

"Quand je réalise, je suis tout nu"

Son film est à la fois le portrait d’une femme qui prend son destin en main, mais aussi la description d’une époque trouble qui évoque la nôtre. Jamais Clovis Cornillac n’alourdit son trait. Son Couleurs de l’incendie a même un petit côté “ligne claire” chère à la BD belge. “J’ai lu Tintin, Blake et Mortimer, Blueberry, les anciens, convient-il. Peut-être qu’inconsciemment ça revient. Quand je fais un film, j’ai l’impression de tout inventer et quand je le vois, je constate que je n’ai rien inventé du tout! Ma volonté de cinéma se rapproche peut-être d’une espèce de ligne claire, une envie d’élégance et d’aventure.

Avec ce quatrième long-métrage passé derrière la caméra, Clovis Cornillac semble avoir trouvé une place dans laquelle il se sent peut-être plus à l’aise que dans celle de comédien. “Comme acteur, on n’est jamais exposé comme dans la réalisation. Quand je réalise, je suis tout nu. Je suis partout, dans les costumes, les décors. Réaliser, c’est vraiment réinventer le monde. Si les gens n’aiment pas mon film, ce sera de ma faute, pas celle des personnes qui sont au géné­rique et qui m’ont écouté. En revanche, si le film est réussi, ce sera grâce à eux.

*** Réalisé par Clovis Cornillac. Avec Léa Drucker, Benoît Poelvoorde – 124’.

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