Close, un (très) grand film signé Lukas Dhont

Le prodige belge Lukas Dhont signe une nouvelle claque, qui revalorise les amitiés entre garçons.

Close
© Prod.

C’est l’histoire d’une amitié naturelle brisée par la norme virile, puissante, intégrée, ravageuse. Dès les premières images, l’émotion vous submerge. Deux amis, Léo et Rémi, treize ans, courent dans des champs de fleurs à la fin de l’été. Dans leur course et leur rire, c’est toute l’enfance qui défile, sa grâce et son plaisir de vivre, et la certitude d’une amitié qui vous rend le monde vivable. Mais à la rentrée scolaire, sous la pression du groupe, Léo ne peut s’empêcher de cacher son amitié pour Rémi, par peur d’être jugé. Le film de Lukas Dhont est autant une réflexion sur les normes qui étouffent les aspirations les plus profondes des êtres qu’une mise en scène foisonnante de l’enfance où la pulsion, la souffrance et la culpabilité ne sont pas absentes, et qu’il arrache à l’insignifiance habituelle de la représentation des préadolescents à l’écran. Close (“proche” en anglais) est un grand film de dés/apprentissage dans la lignée de Céline Sciamma ou Gus Van Sant, porté également par une extraordinaire Émilie Dequenne en mère rédemptrice et bien plus que suffisamment bonne, entourée de deux adolescents de la génération woke où il est aussi permis de placer tous nos espoirs.

**** Réalisé par Lukas Dhont. Avec Eden Dambrine, Gustav De Waele, Émilie Dequenne, Léa Drucker, Kevin Janssens – 105’. 

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