Vacances de Toussaint : 4 films à voir au cinéma avec les enfants

Les vacances sont là. Si vous voulez occuper ces piles électriques par un ciné, voici une sélection de films qui plairont aux petits et grands.

enfants au cinéma pour voir un film d'animation
© Adobe Stock

Le petit Nicolas, Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux?

Il a beau être inventé, le petit Nicolas tient beaucoup de ses géniteursSempé et Goscinny, et le film d’Amandine Fredon et Benjamin Massoubre, (meilleur long-métrage du dernier Festival d’Annecy) nous raconte pourquoi. Loin des tentatives maladroites, voire ratées, d’adapter ses aventures en prises de vue réelles, ce Petit Nicolas est une œuvre familiale puisqu’on y retrouve le trait de Jean-Jacques Sempé et qu’Anne Goscinny, fille de celui qui allait créer Astérix trois ans plus tard, en a coécrit le scénario.

Le film est né de l’envie d’un producteur, nous confie Anne Goscinny. Il voulait raconter l’histoire du petit Nicolas à travers celle de ses auteurs, mais avec des archives de l’INA. On en a parlé il y a onze ans pour la première fois. On s’est dit que ce serait plus efficace si tout était en animation. Il fallait mettre en perspective la jeunesse de l’un et de l’autre qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre. C’est un film que j’ai voulu comme un exemple de résilience. Sempé a eu une enfance malheureuse, maltraitée. L’adolescence de mon père s’est terminée avec la prise de conscience qu’il ne reverrait plus ses oncles morts en déportation. Et la gageure de ce film était de montrer comment d’une enfance “massacrée” et d’une adolescence “guillotinée”, était née une enfance rêvée. Celle du petit Nicolas.”

Porté par les voix d’Alain Chabat et de Laurent Lafitte, ce très joli film raconte comment les idées qui ont nourri les aventures du gamin s’inspirent de la vie de ses créateurs. Le film décrit cette amitié inscrite dans le Paris insouciant des années 50, où le cynisme n’avait pas cours. Un film beau comme la nostalgie de l’enfance. “C’est un Paris qui ressemble à l’univers du petit Nicolas, ajoute Anne Goscinny. C’est un Paris sous cloche, sur lequel la guerre n’est pas passée, un Paris qui n’a pas été envahi, c’est un Paris idéal comme l’enfance idéalisée du petit Nicolas. Une enfance où il n’y a pas de menace de divorce même quand les parents ne sont pas d’accord. C’est une enfance sans médias. Les dessins de Sempé ne sont jamais angoissants, ils sont apaisants. Je n’ai jamais considéré Sempé comme un humoriste ou comme un poète, comme je l’ai encore lu dernièrement. Mais comme un philosophe.À partir de 7 ans. – E.R.


*** Réalisé par Amandine Fredon et Benjamin Massoubre – 82’.

Le Pharaon, le Sauvage et la Princesse

Michel Ocelot aime les contes et les cul­tures du monde. Sa filmographie en atteste, qui s’enrichit d’un film rassemblant trois contes se déroulant respectivement dans l’Égypte ancienne, l’Auvergne du Moyen Âge et le Maroc du XVIIIe siècle. Trois courts-métrages d’une grande beauté qui en disent long sur la philosophie de leur auteur. “Je pense qu’il faut briser ses chaînes, nous explique le cinéaste. Si c’est pas bien ici, il faut aller ailleurs. Si on vous ligote, il faut vous libérer. Dans toutes mes histoires, il y a des innocents qui ne veulent ni obéir ni se soumettre. C’est un lien entre ces trois histoires que je n’avais pas prévu.

Si Michel Ocelot a marqué des millions d’enfants grâce à Kirikou, il ne pense pas forcément à eux en écrivant ses films. “Dans l’esprit des gens, l’animation c’est pour les enfants. Je n’ai jamais fait de films pour les enfants. J’ai beau le dire, on ne m’entend pas! Aujourd’hui, ça reste difficile pour moi. Je ne suis pas à la mode. Il faut être hystérique et aller vite et je ne suis ni l’un ni l’autre, parce que je veux que le public comprenne et pense.” À partir de 6-8 ans. – E.R.


*** Réalisé par Michel Ocelot. Avec les voix d’Oscar Lesage, Aïssa Maïga – 83’.

Yuku et la fleur de l’Himalaya

Le film vient d’être sacré Meilleur Film pour Enfants de 2022 au prestigieux festival Cinekid aux Pays-Bas

On avait grande hâte de découvrir le premier long-métrage du Belge Arnaud Demuynck, connu pour “La Chouette du cinéma”, innovant programme de courts-métrages animés pour les tout-petits. Réalisé avec Rémi Durin, Yuku et la fleur de l’Himalaya rassemble les qualités de ses courts-métrages (Le parfum de la carotte ou les contes gourmands La chouette en toque autour de l’alimentation), comme la solidarité ou le pouvoir des ­contes pour éveiller l’imaginaire de l’enfant.

Ici il nous plonge dans l’histoire de Yuku, une petite souris musicienne (et fan de ­ukulélé) qui décide de partir chercher une fleur magique pour sa grand-mère malade, tout en haut de l’Himalaya. Au terme d’un parcours semé d’embûches où l’on croise un rat protecteur au cuir usé (qui porte la voix d’Arno dans un dernier blues émouvant), un loup affamé (Tom Novembre) ou une renarde joyeuse (Agnès Jaoui), Yuku aura résolu certaines énigmes de la vie et découvert son propre talent de conteuse. À partir de 4 ans. – J.G.


*** Réalisé par Arnaud Demuynck. Avec les voix d’Arno, Agnès Jaoui, Lily Demuynck – 65’.

Les secrets de mon père

Seraing, dans les années 60, Michel vit une enfance heureuse avec son frère et ses sœurs au sein d’une famille juive. Mais Henri, le papa, se fait très taiseux sur son passé, ce qui ne manque pas d’intriguer le jeune garçon, qui va tenter d’en savoir plus. La réalisatrice Véra Belmont adapte brillamment le roman graphique Deuxième génération - Ce que je n’ai pas dit à mon père, de Michel Kichka, fils d’un survivant de la Shoah. Figure médiatique connue, Henri Kichka a inlassablement témoigné de l’enfer qu’il a vécu dans les camps de concentration, jusqu’à son décès en 2020. Pour conscientiser les jeunes générations afin que le temps n’estompe pas l’horreur des faits. En abordant le sujet sur un ton à la fois léger et grave qui mêle habilement l’intime et l’aspect historique, Les secrets de mon père lance une réflexion profonde sur les préjugés et la haine de l’autre, et sur l’importance de la transmission pour garantir un meilleur vivre-ensemble. Un film à transmettre sans hésiter!

*** Réalisé par Véra Belmont. Avec les voix de Jacques Gamblin, Michèle Bernier – 74’.

Sur le même sujet
Plus d'actualité