L’innocent, le meilleur film de Louis Garrel à ne pas manquer au cinéma

Avec L’innocent, Louis Garrel signe son meilleur film, un polar sentimental irrésistible.

Roschdy Zem aux côtés de Louis Garrel dans L’innocent.
Roschdy Zem aux côtés de Louis Garrel dans L’innocent. © Prod.

C’est un film étonnant et inattendu, qui tient autant du film de casse que de la mélancolie, à mi-chemin entre l’époque (voir ses personnages féminins puissants) et les clins d’œil à l’histoire du cinéma, travaillé en creux par des questions essentielles comme la liberté, le courage amoureux, le lien filial – le tout avec un humour fou et une humilité palpable. Pourtant Louis Garrel, 39 ans et quatre longs-métrages au compteur, qui fut aussi Jean-Luc Godard ou le capitaine Dreyfus au cinéma (et avant d’incarner Patrice Chéreau pour Valeria Bruni-Tedeschi dans Les amandiers, en salles le 16 novembre), se défend de toute naïveté. “J’ai voulu faire un film léger, ce qui n’est pas le contraire de profond”, précise-t-il lorsqu’on le rencontre dans le foyer du théâtre namurois où il est venu présenter son film en ouverture du Fiff.

Il nous lance ici à la poursuite d’un quatuor de personnages cocasses dont lui-même dans le rôle d’Abel, jeune homme craintif persuadé que Michel (Roschdy Zem), le nouveau mari de sa mère (Anouk Grinberg), épousé en catastrophe en prison, n’a pas raccroché les gants et prépare un dernier coup. Avec l’aide de son amie Clémence (réjouissante Noémie Merlant, qui pousse pour la première fois les curseurs de la comédie), Abel commence à douter de Michel, tout en se liant à lui: “J’ai voulu faire un film à la croisée des genres, en fabriquant des séquences qui ont des comptes à rendre au cinéma. Le polar convoque un univers très américain, mais évidemment il ne faut pas avoir l’air d’imiter les Américains, alors j’y ai ajouté l’étude sentimentale, qui est un genre très français. Et au sein du polar il y a le film de braquage qui est très genre très populaire qui me plaisait. Le grand plaisir du film de casse c’est que tout est préparé et que tout dégénère. Ici ça dégénère à cause des sentiments”, raconte Garrel. L’innocent (dont le titre est à prendre au sens propre et au figuré) livre des scènes de comédie irrésistibles, avec filatures burlesques et discussions dans des cafés au son de musiques de variétoche française. “Le trajet du personnage d’Abel est de sortir de la mélancolie. À ses côtés, je voulais un couple de cinéma très amoureux, c’est ce qui a plu à Roschdy et Anouk. Avec eux j’avais l’impression d’être voyeur tellement ils sont beaux ensemble. J’ai adoré participer avec eux à cette cérémonie très ancienne du jeu, où l’on reproduit les choses du monde. Le but de mes films, c’est de faire spectacle.” Ce plaisir généreux de cinéma, ne le manquez pas en salle.

*** De et avec Louis Garrel. Avec aussi Anouk Grinberg, Noémie Merlant, Roschdy Zem – 99’. 

Sur le même sujet
Plus d'actualité