Karin Viard dans Maria Rêve : "C’est important de se sentir parfois utile en faisant ce métier"

Dans Maria rêve, la comédienne interprète une invisible qui va se découvrir et déployer ses ailes.

Karin Viard dans Maria Rêve
© Prod.

En général, Karin Viard joue des personnages au caractère bien trempé. Pour leur premier long-métrage, Lauriane Escaffre et Yvonnick ­Muller lui ont plutôt offert le rôle d’une femme de ménage timide, mariée à un homme qu’elle aime mais ne la fait plus rêver. Lorsqu’elle est engagée dans une école d’art, c’est à un monde totalement neuf qu’elle est confrontée, celui de la création contemporaine et d’une jeunesse décomplexée. Mais elle va aussi y rencontrer Hubert (Grégory Gadebois), le gardien de l’établissement qui réveille en elle des sentiments oubliés. “Maria est une femme “empêchée”, explique Karin Viard. Elle est sûrement comme ça depuis son enfance. C’est son mari qui décide, elle la boucle. Et puis elle s’est fabriqué ses petits moments de liberté à elle, quand elle écrit des poèmes. Mais tout cela est très rentré. Comme elle est en présence d’étudiants pleins de fougue et de créativité, c’est cette jeunesse qui la révèle. À leur contact, elle rencontre sa propre fougue, sa liberté sexuelle. La grande difficulté pour moi était d’interpréter quelqu’un qui est dans une énergie totalement opposée à la mienne. Je suis allée chercher la timidité que l’on connaît tous. Quand Maria se transforme, j’ai travaillé sur une gamme de couleurs, selon l’amplitude des énergies qui se développent en elle.

La révélation des êtres à eux-mêmes est une thématique qu’affectionnent Lauriane Escaffre et Yvonnick Muller qui avaient remporté le César du meilleur court-métrage en 2019 pour Pile poil dans lequel un boucher bourru devenait le modèle de sa fille, future esthéticienne. “Je trouve que leur univers n’est pas banal. C’est un cinéma débarrassé du moindre cynisme. Ce n’est pas facile de trouver des comédies qui soient intéressantes, intelligentes, un peu adultes. Qui ne soient pas convenues! Il y a beaucoup d’humanité dans leur film. Leur cinéma leur ressemble.

Si la comédienne nous confie qu’elle n’apprend rien des rôles qu’elle traverse, sauf évidemment pour sa pratique, certains l’ont plus marquée que d’autres. “Je pense à la mère atroce que j’ai jouée dans Les chatouilles pour dénoncer les ravages des viols sur mineurs. Là on se dit que ça fait avancer le débat. Quand je fais Haut les cœurs, l’histoire d’une femme qui a un cancer et qui est enceinte, c’est fort aussi. Ce film continue d’être projeté dans des colloques d’oncologues. Je trouve que c’est important de se sentir parfois utile en faisant ce métier.


*** Réalisé par Lauriane Escaffre et Yvonnick ­Muller. Avec Karin Viard, Grégory Gadebois, Philippe Uchan. – 93′

Sur le même sujet
Plus d'actualité