Sundown, un film sombre et mélancolique porté par l’inclassable Tim Roth

Sundown suit l’errance existentielle de Tim Roth à Acapulco et nous apprend l’art du détachement.

tim roth dans sundown
© Prod.

Voici dix ans, le cinéaste mexicain Michel Franco, 42 ans, rencontrait Tim Roth à Cannes après avoir présenté son drame féminin Después de Lucía. À la demande de l’acteur anglais, il changeait le genre du héros de son prochain film pour donner à l’acteur de Reservoir Dogs, Pulp Fiction ou Little Odessa le rôle de l’infirmier de Chronic, écrit au départ pour une femme. “J’ai grandi avec les films de Tim Roth et je n’en revenais pas qu’il veuille tourner avec moi. Depuis, nous sommes devenus très proches, dans nos familles aussi. J’ai écrit Sundown très vite, en pleine crise personnelle. Tim savait ce que je traversais. Il m’a dit: “ne réécris pas, tournons””, nous a confié le ­cinéaste, rencontré par Zoom depuis Mexico où il monte son prochain film.

Écrit sous la double influence de L’étranger de Camus et de Bartleby d’Herman Melville, Sundown est bien une histoire de solitude moderne, tournée sous le soleil ambigu d’Acapulco, source de lumière comme de ­destruction – où les vacances de Neil (Tim Roth) et Alice (Charlotte Gainsbourg) sont écourtées par l’annonce d’un drame familial. Prétextant la perte de son passeport, Neil s’enfonce dans les dédales d’Acapulco et dissout son identité autant qu’il la révèle dans un dernier amour avec une vendeuse locale (solaire Iazua Larios). De cette trajectoire de détachement qui peut se comparer à celle de l’artiste (“Faire des films et vivre pour les fictions que j’écris est une forme de fuite du réel, même si c’est aussi un boulot”, plaisante le cinéaste), Michel Franco tire un grand film mélancolique comme l’était Le feu ­follet de Louis Malle, où résonne le mystère de vivre.


*** Réalisé par Michel Franco. Avec Tim Roth, Charlotte Gainsbourg, Iazua Larios – 83’.

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