The Gray Man, Ducobu… Les films à ne pas manquer (ou à éviter) au cinéma

La rédaction a sélectionné pour vous les nouveaux films à ne pas manquer... ou à éviter cette semaine au cinéma.

the gray man
© Netflix

The Gray Man

On commençait à se demander s’il n’était pas resté sur la Lune, depuis son incarnation tout en nuances de l’astronaute Neil Armstrong dans First Man, en 2018. C’est que, jusque-là, Ryan Gosling nous avait accoutumés à une présence quasi annuelle. Cascadeur solitaire reconverti en pilote nocturne pour la mafia dans Drive, pianiste de jazz aux côtés d’Emma Stone dans le virtuose La La Land, humanoïde Replicant dans Blade Runner 2049. Le public craque pour ce beau gosse doué qui joue sans en faire des tonnes. Cette absence inhabituelle se termine avec un retour tonitruant, dans The Gray Man, adaptation du roman éponyme de Mark Greaney, paru en 2009. Le comédien y incarne Court Gentry, alias Sierra Six, un ex-détenu recruté par la CIA pour éliminer des cibles jugées dangereuses. Jusqu’à ce qu’il se retrouve lui-même dans le collimateur de ses employeurs.


Pas étonnant que cette production Netflix (qui sort d’abord dans quelques salles chez nous) soit la plus chère produite par la plateforme. Ce thriller d’action virevoltant ne souffre d’aucun temps mort et nous présente un nouveau héros intrépide qui pourrait bien faire une solide concurrence à Ethan Hunt (de Mission: Impossible) et James Bond, si Netflix décide de développer une franchise autour de The Gray Man. Et un nouveau rôle marquant pour Gosling qui, plus jeune, n’avait qu’un rêve: “Trouver un boulot, parvenir à payer mon loyer et voir le monde pour vivre des expériences singulières”. Seule ombre au tableau: son unique film en tant que réalisateur, Lost River, en 2014, tièdement accueilli.

Mais sans pour autant déstabiliser l’homme, qui reste lucide: “Je comprends le rejet. La seule chose que j’espère, c’est que mon film soit une expérience pour le public. Positive ou négative. Le pire, ce serait un film que l’on oublie aussitôt. Je meurs d’envie de réitérer l’expérience”, déclarait-il au moment de la sortie du film. En attendant, on est impatient de le découvrir bronzé et peroxydé l’an prochain dans la peau de Ken, le boy-friend de l’iconique Barbie (qui aura les traits de Margot Robbie) pour le très attendu biopic de la poupée Mattel réalisé par Greta Gerwig. Une fameuse dose d’autodérision en perspective pour ce golden boy des écrans qui est aussi à la ville monsieur Eva Mendes.

*** Réalisé par Anthony et Joe Russo. Avec Ryan Gosling, Ana De Armas – 122’. À partir du 22/7 sur Netflix.

Entre la vie et la mort

Un jeune homme tombe sur les rails d’une station de métro bruxelloise. Le conducteur freine in extremis mais le jeune homme décède des suites de sa chute. Situation tristement banale? Oui et non. La jeune victime était le fils du conducteur. Commence alors une double enquête, celle du père qui veut savoir ce qui a amené son fils à commettre son geste, celle de la police qui oriente ses recherches sur le père dont le passé comprend quelques “absences”. Si Giordano Gederlini est plutôt efficace dans l’écriture de scénario (Les misérables, Tueurs ou Duelles), le réalisateur a plus de difficulté à convaincre, ne parvenant à capter l’atmosphère “noire” de Bruxelles.


** Réalisé par Giordano Gederlini. Avec Marine Vacth, Antonio de la Torre – 100’.

Fragile

Après avoir été monteuse, notamment d’Abdellatif Kechiche, la réalisatrice franco-algérienne Emma Benestan plante sa caméra dans la ville de Sète (décor des films d’Agnès Varda ou Kechiche lui-même) pour raconter, le temps d’un été, les retrouvailles d’Az (charmant Yasin Houicha) et de son amie d’enfance Lila (Oulaya Amarma, révélée dans Divines), revenue déçue de Paris. Romance estivale rejouant les codes du cinéma américain (on pense à Dirty Dancing au cœur d’une exploitation ostréicole), Fragile revisite avec grâce la rencontre amoureuse de deux êtres faits l’un pour l’autre mais qui l’ignorent, au moyen de scènes dansées d’un charme fou.


** Réalisé par Emma Benestan. Avec Oulaya Amarma et Yasin Houicha – 100’.

Marx Can Wait

Ma faute envers Camillo c’est de ne pas l’avoir assez aimé.” Figure marquante du cinéma italien contemporain, Marco Bellocchio tente, dans ce documentaire en forme d’enquête familiale mais aussi de confession, voire d’expiation, de comprendre les causes du suicide de son frère jumeau Camillo, retrouvé pendu dans une salle de sport à l’âge de 29 ans. Mais dans l’Italie des révoltes étudiantes de 1968, personne n’a vu venir la détresse de ce jeune homme trop beau, dominé intellectuellement par son jumeau plus préoccupé de politique et de cinéma, tandis que le reste de la fratrie très catholique préfère parler d’accident. Mais sans doute que dans chaque film de Bellocchio, du Sourire de ma mère à Vincere sur la maîtresse de Mussolini, on retrouve un écho à cette douleur muette.


*** Réalisé par et avec Marco Bellocchio – 96’.

Ducobu Président!

Dans ce quatrième film inspiré de la BD de Godi et Zidrou, l’incorrigible élève Ducobu se voit élu président des élèves. Mais l’éternel cancre a triché pour arriver à ses fins et son mandat présidentiel va être placé sous le signe du glandage intégral. C’est une histoire “adultes non admis” qu’Élie Semoun développe devant et derrière la caméra, en rempilant dans son rôle du professeur Latouche, pour un nouvel épisode aux gags potaches et très premier degré. Avec pour seul objectif de faire rire les jeunes enfants, qui se régaleront à nouveau devant les facéties de cet écolier indiscipliné.


* Réalisé par Élie Semoun. Avec Élie Semoun, Gabin Tomasino – 90’.

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