Coupez!: rencontre avec Romain Duris et Bérénie Bejo, embarqués dans un film de zombies

Faux film d’horreur et comédie désopilante, Coupez! de Michel Hazanavicius ouvre le BRIFF (Brussels International Film Festival) qui revient en pleine forme à partir du 23 juin. Rencontre avec les têtes d’affiche, Bérénice Bejo et Romain Duris.

Coupez
© Prod.

Déplacé deux ans de suite en septembre pour cause de pandémie, le jeune et dynamique BRIFF revient à ses dates de prédilection (fin juin) pour une cinquième édition qui entend bien animer la vie bruxelloise pendant une dizaine de jours. Avec ses trois compétitions (nationale, internationale et la Director’s Week), le festival comptera sur la présence de nombreux invités dont le niveau de glamour n’est plus à prouver. Parmi ceux-ci: Fanny Ardant (invitée d’honneur du festival qui s’entretiendra avec Hugues Dayez le 29 juin à Bozar), Marina Vlady (pour un hommage au cinéma italien – de Giorni d’amore à Cronaca di un amore), François Ozon (pour son dernier film, Peter Von Kant) et Michel Hazanavicius, oscarisé pour The Artist et auteur de quelques comédies tordantes dont les deux premiers volets de OSS 117 – Le Caire, nid d’espions et Rio ne répond plus – avec le phénoménal Jean Dujardin.

Après avoir ouvert le Festival de Cannes, Michel Hazanavicius ouvre le BRIFF avec Coupez!. George Miller le ferme avec Three Thousand Years Of Longing, conte fantastique mené par un duo qui met l’eau à la bouche – Tilda Swinton et Idris Elba. C’est sous le soleil de la Croisette que nous avons rencontré deux des comédiens principaux de Coupez! dont la promesse est simple (mais tenue): livrer une bonne tranche de rigolade aux spectateurs. Romain Duris, qui incarne un réalisateur aux commandes du tournage foireux d’un film de zombies, et Bérénice Bejo, qui joue une maquilleuse de plateau fort sollicitée et qui connaît bien l’univers de Michel Hazanavicius pour avoir collaboré à presque tous ses films depuis le premier OSS en 2006 et pour partager sa vie…

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À l’origine le film s’intitulait Z en référence aux zombies. Est-ce le “Z” visible sur les chars russes entrés en Ukraine qui a influencé le changement de titre?
Bérénice Bejo –
Il y a d’abord eu, fin novembre 2021, l’annonce de la candidature d’Éric Zemmour à l’élection présidentielle. Avec un “Z” comme Zemmour, donc…  Michel Hazanavicius y a réfléchi à l’époque, mais la guerre en Ukraine a rendu le changement de titre inévitable. Après la sélection du film en ouverture de Cannes, la symbolique était trop forte pour laisser les choses en l’état. Pour autant, le changement n’était pas simple d’un point de vue logistique – les affiches et les outils promotionnels, pour lesquels un gros budget avait été investi, étaient prêts. Mais entre l’aspect financier et l’aspect humain, le choix n’a pas été difficile à faire.

Bérénice, vous avez apparemment dû faire preuve d’opiniâtreté pour jouer dans Coupez!….
B.B. –
À la lecture du scénario, j’ai tout de suite aimé le personnage que j’incarne, mais Michel pensait que le rôle conviendrait mieux à une autre actrice. Bon, il a le droit, c’est lui le réalisateur! (Rire.) Je ne lui apparaissais pas comme une évidence, du moins pour ce personnage-là. Mais ça ne me dérange pas du tout de ne pas être le premier choix. Quand j’ai joué pour Asghar Farhadi dans Le passé, en 2013, il avait pensé initialement à Marion Cotillard comme actrice principale. Pourtant, au final, j’ai remporté le Prix d’interprétation féminine à Cannes pour ce rôle… Comme quoi, être un premier ou un dernier choix n’a aucune importance. Ce qui compte, c’est ce qu’on fait du rôle qu’on reçoit.

Romain, dans le film, vous incarnez un réalisateur. Aimeriez-vous passer un jour réellement de l’autre côté de la caméra?
Romain Duris –
Bien sûr que ça me tente, mais pas juste pour dire que j’ai fait un film. Il faudrait un sujet qui devienne essentiel pour moi, au point de passer plusieurs années dessus. Ceci dit, il y a bien longtemps, j’ai tourné un petit film en visitant Venise avec une amoureuse, mais juste pour moi-même, un peu à la manière d’un film d’horreur.

B.B. – Et on peut le voir?

R.D. – Ah non! C’est très intime. (Rire.) Il faudrait d’abord que je le revisionne un jour, histoire de voir ce que ça vaut.

Pourtant, Rémi, votre personnage, pas franchement commode, ne donne pas une image très emballante du métier de réalisateur…
R.D. –
C’est parfois difficile. Un plateau de tournage, c’est un terrain de jeu. Quand un metteur en scène ne maîtrise pas certaines émotions et s’énerve ou crie, cela a tendance à réduire mon imagination. Ça a clairement un rapport avec l’enfance et l’autorité à laquelle on est confronté. Ce n’est pas un bon moteur de création pour moi.

Bérénice, vous alternez brillamment les drames et les comédies, mais vous sentez-vous plus à l’aise dans un genre en particulier?
B.B. –
En ce moment, je m’amuse beaucoup avec la comédie et les personnages un peu délurés. J’ai très envie de déborder et moins envie de jouer dans des drames, ou alors à la manière de Pedro Almodóvar. Cela fait vingt-cinq ans que je fais ce métier et j’ai beaucoup exploré l’aspect dramatique, aujourd’hui j’ai vraiment besoin d’extravagance.

La première partie est construite de manière très différente du reste du film. Cela a-t-il rendu le tournage plus complexe pour vous?
R.D. –
Le long plan-séquence du début du film nécessitait une assez grande précision dans notre jeu, mais le reste du film nous laissait plus de liberté.

BRUSSELS INTERNATIONAL FILM FESTIVAL, du 23/6 au 2/7. UGC  De Brouckère, Palace, Cinéma Galeries, Bozar, Bruxelles. www.briff.be

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