Jean-Louis Trintignant en 6 films, à voir ou à revoir

Figure incontournable du cinéma et du théâtre français, Jean-Louis Trintignant est décédé vendredi à l'âge de 91 ans.

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Jean-Louis Trintignant, à Cannes, en mai 2012@BELGAIMAGE

Voix reconnaissable entre toutes, présence magnétique teintée de mélancolie: l’acteur français Jean-Louis Trintignant est décédé vendredi à 91 ans. Il a mené pendant un demi-siècle une immense carrière, jalonnée de quelque 160 rôles au théâtre et cinéma, de Et Dieu… créa la femme  à Amour.

Ce perfectionniste à la pudeur élégante était aussi un homme inquiet et réservé qui confiait avoir eu des tentations suicidaires: "Je reconnais n’avoir jamais été très gai", disait-il.

Ce pessimisme l’accompagnait bien avant la mort de sa fille Marie, avec qui il entretenait une grande complicité. Elle est morte en 2003 sous les coups de son compagnon, le chanteur Bertrand Cantat. Ce décès tragique n’allait plus cesser de le hanter: "J’aurais pu arrêter ma vie à ce moment-là" . Poussé par ses proches, il était remonté sur scène, trouvant une "thérapie" dans la poésie et le théâtre. Les planches, son "vrai métier", racontait-il à l’AFP. "On fait du ciné un peu par vanité" , "pour ne plus être timide".

Et dieu créa la femme, 1956

Après des débuts au théâtre et quelques rôles de figurations devant la caméra, il éclate au cinéma en 1956, avec Et Dieu créa la femme, de Roger Vadim. Il est l’amoureux transi de la belle Juliette, incarnée par Brigitte Bardot. Le film déchaine autant les passions que fait naître l’indignation : dans la France de papa, c’est la première fois qu’une femme exprime librement son désir à l’égal d’un homme et use de ses charmes pour conquérir sa liberté.

C’est sur le tournage que Jean-Louis Trintignant avec Brigitte Bardot se rencontrent ; leur liaison aura raison du couple formé par Vadim et Bardot.

Un homme et une femme, 1966

Totalement disparu des écrans pendant son service militaire, Jean-Louis Trintignant retrouve petit à petit la lumière sur les planches de théâtre. Puis, c’est à nouveau la gloire, et la Palme d’Or à Cannes, pour Un homme et une femme, de Claude Lelouch. Le film décroche également deux Oscars en 1967, du meilleur film étranger et du meilleur scénario original.

Z, 1969

Nouveau succès international grâce à Z, de Costa-Gavras, brûlot politique sur la dictature des Colonels en Grèce. Couronné au festival de Cannes, il reçoit le Prix d’interprétation masculine. Le film décrochera là-aussi l’Oscar du meilleur film étranger en 1970, ainsi que le Golden Globe du meilleur film étranger.

Le conformiste, 1970

Après Rohmer (Ma nuit chez Maud, 1969), Jean-Louis Trintignant tourne avec un autre grand du 7e art, cette fois de l’autre côté des Alpes : pour Bernardo Bertolucci, il incarne un professeur de philosophie dans l’Italie des années 1930. Le film est une adaptation du roman d’Alberto Moravia.

Regarde les hommes tomber, 1994

Après la deuxième moitié des années 1980 où il décide de se retirer du cinéma pour se consacrer (notamment) à sa passion de l’automobile, il participe à Trois Couleurs: Rouge, de Krzysztof Kieślowski (1994) puis laisse sa chance à Jacques Audiard avec Regarde les hommes tomber, qui sera le premier film du réalisateur. Les deux hommes se retrouveront deux ans plus tard avec Un héros très discret (Audiard, 1996).

Amour, 2012

En 2003, il est confronté à la mort de sa fille Marie, battue à mort par Bertrand Cantat. L’acteur commence à se retirer de la vie publique. Sans cesse sollicité par le cinéma, il sort de sa retraite pour Amour, de Michael Haneke, avec Emmanuelle Riva. Succès populaire autant que critique, le film décroche notamment la Palme d’Or à Cannes. Son interprétation vaut à Trintignant de recevoir, pour la première fois, un César du meilleur acteur.

Annonçant régulièrement sa retraite, il avait ensuite continué dans les dernières années de sa vie sa carrière au théâtre et au cinéma.

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