Men, cauchemar éveillé

Fils spirituel de Peter Greenaway et de David Cronenberg, Alex Garland signe Eux, une fable qui mêle habilement horreur, psychanalyse et féminisme.

Men
© Prod.

Après la mort de son compagnon dans des ­circonstances dramatiques, Harper (Jessie Buckley) part se ressourcer dans un petit village de la campagne anglaise. Elle a coupé tous les ponts, sauf avec Riley, sa meilleure pote avec qui elle communique par Zoom. Mais comment recharger ses batteries quand on a emmené ses angoisses et sa ­culpabilité dans ses bagages? Petit à petit, des apparitions et des phénomènes étranges se manifestent. Elle se sent épiée, surveillée, suivie. Un homme nu lui apparaît, un autre lui court après lors d’une de ses prome­nades. Elle ne semble pas avoir remarqué, à l’inverse du spectateur évidemment, que le village n’est peuplé que par des hommes qui se ressemblent tous étrangement.

Présenté au dernier Festival de Cannes, dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs, Eux (en anglais Men, titre plus explicite) est un film à ressentir plus qu’à expliquer, même si son scénariste et réalisateur Alex Garland a la gentillesse de nous filer quelques tuyaux en cours de route, comme le fait de confier tous les rôles masculins à un seul comédien, le formidable Rory Kinnear (Bill Tanner dans la franchise 007 et inoubliable dans la série Years And Years). Utilisant la grammaire du film de genre, thriller et horreur, Alex Garland (Annihilation) nous livre une plongée cauchemardesque dans les traumas d’une femme qui tente de se libérer de l’emprise paternaliste et moralisatrice des hommes. Voilà une tentative d’explication. À vous de trouver la vôtre!


*** Réalisé par Alex Garland. Avec Jessie Buckley, Rory Kinnear, Paapa Essiedu – 100’.

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