Frère et sœur, à côté du drame

Avec Frère et sœur, Arnaud Desplechin fourvoie Marion Cotillard et Melvil Poupaud dans une haine sans fond.

Frère et soeur
© Prod.

Reprenant un moteur narratif récurrent, le cinéaste de Rois et reine ou Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle…) explore la férocité familiale à travers la très ancienne haine qui oppose un frère (Melvil Poupaud) à sa sœur (Marion Cotillard), réunis malgré eux par un drame. Après une séquence d’ouverture assez magistrale (l’accident tragique qui va enflammer tout) suivie du portrait flamboyant des deux antagonistes – Louis, le frère écrivain reclus qui règle ses comptes dans ses livres et Alice, une actrice de théâtre hantée par le vertige de la star (rappelant la Myrtle ­Gordon d’Opening Night de Cassavetes) -, le film prend le parti de la tragédie grecque et tente de mythologiser ses personnages au détriment de l’émotion réelle. Ravagé d’une haine sans fond, Melvil Poupaud impressionne mais n’émeut pas tant ses outrances tombent à côté du drame – malgré la présence amicale de Patrick Timsit et l’aura dévastée d’une Marion Cotillard ensevelie sous les anxiolytiques et les citations ­bibliques (sur l’inceste ou la haine fratricide) – à jamais irrésolu.


* Réalisé par Arnaud Desplechin. Avec Melvil Poupaud, Marion Cotillard, Patrick Timsit, Golshifteh Farahani – 108’.

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