Flee, les traumas du migrant

Flee s’impose comme un documentaire d’animation puissant sur les stigmates laissés par la migration.

Flee
© Prod.

Amin est né à Kaboul au début des années 80. Après le retrait des troupes russes d’Afghanistan, les moudjahidine sèment la terreur. Le père d’Amin disparaît. La famille fuit le pays. C’est le début d’un chemin de croix qui va mener Amin et les siens d’Afghanistan en Russie, puis en Scandinavie, un parcours marqué par la séparation, la violence et le passage de frontières encadré par des passeurs sans scrupules.

Mais aussi par la peur d’avouer son homosexualité qui, dans son pays, est synonyme de déshonneur pour toute la famille. Basé sur des interviews, Flee aborde les traumatismes qui subsistent de ces moments ­terribles qu’Amin a vécus et qui l’empêchent de mener une vie normale et une relation amoureuse équilibrée. Le choix de l’animation permet à la fois de ne pas “romancer” le récit comme le ferait une fiction mais aussi de transformer le protagoniste principal en personnage universel dont les pensées peuvent être illustrées avec toute la liberté poétique qu’offre ce ­format. Jonas Poher Rasmussen a reçu le Cristal du meilleur long métrage au Festival d’Annecy en 2021. Et c’est amplement justifié.


*** Réalisé par Jonas Poher Rasmussen – 83’.

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