Coup d’envoi pour la 75e édition du festival de Cannes

La cérémonie d’ouverture présentée par Virginie Efira a été empreinte d’émotion mais aussi de dignité et d’espoir. Et une question est sur toutes les lèvres : Qui pour remplacer Titane ?

75ème édition du Festival de Cannes - Photonews
75ème édition du Festival de Cannes – Photonews

Hier soir, les stars ont foulé le tant prestigieux tapis rouge de Cannes. Toute voile dehors, après une longue pandémie qui semble enfin presque contenue, le festival mythique fait son grand retour. Avec comme tête de proue Viriginie Efira toute d’argent vêtue, on a mis les petits plats dans les grands.

Si il est vrai que la vieille dame cannoise, engoncée dans ses habitudes et rituels plus ou moins immuable, impose le respect, il n’en demeure qu’elle se retrouve aussi fortement bousculée. Le monde qui l’entoure est en feu, le cinéma perd pied et se voit transformer les images migrent… Mais qu’ à cela ne tiennent, on fêtera malgré tout le 7e art. Et ça, notre dame cannoise, elle sait le faire.

Une 75e édition au ton politique

A la plus grande surprise générale, la cérémonie s’est ouverte avec une retransmission en direct depuis Kiev d’un discours du président ukrainien Volodymyr Zelensky. "Il nous faut un nouveau Chaplin qui prouvera que le cinéma n’est pas muet" face à la guerre. Le Festival de Cannes a donné d’emblée une tonalité politique à sa 75e édition.

"Nous allons continuer de nous battre, nous n’avons pas d’autre choix […] Je suis persuadé que le  "dictateur " va perdre", a poursuivi Volodymyr Zelensky, en référence au président russe, Vladimir Poutine, et au film de Charlie Chaplin, qu’il a cité à plusieurs reprises.

"Je dis à tous ceux qui m’entendent: ne désespérez pas, la haine finira par disparaître et les dictateurs mourront. Nous devons remporter cette victoire et nous avons besoin de cinéma qui assura que cette fin soit, chaque fois, du côté de la liberté", a-t-il reprit.

Ce ton, il n’est pas tant incongru quant à l’histoire du festival de Cannes. En effet, ce dernier a été créé en 1939 en pour s’opposer à la Mostra de Venise de l’Italie fasciste. Si sa première édition n’a pu se faire qu’en 1946, guerre mondiale oblige, "Le Festival n’a cessé d’accueillir, de protéger et de réunir les plus grands cinéastes de leur temps", a souligné le président du jury, Vincent Lindon,"Pouvons-nous faire autre chose qu’utiliser le cinéma, cette arme d’émotion massive, pour réveiller les consciences et bousculer les indifférences? Je ne l’imagine pas!", a-t-il lancé.

Qui pour suivre Titane ?

Dès aujourd’hui, la compétition pour prendre la relève de Titane est lancée. Le film de la française Julia Ducourneau – la seconde réalisatrice récompensée dans l’histoire du festival- avait fait parler de lui.

Cette année, 21 films sont en lice pour lui succéder. Et si le jury et les sections parallèles tendent toujours un peu plus à la parité, la compétition elle, est toujours à la traine. Et n’offre toujours qu’une place étroite aux réalisatrices : seulement 5 sont en lice.

On attend, en revanche, avec impatience James Gray, réalisateur du film Ad Astra, qui présentera cette année Armageddon Time. Un film qui prend place dans le New-York des années 80, en pleine ascension du clan Trump. Le cinéaste David Cronenberg promet aussi de secouer le public une nouvelle fois avec son film Les crimes du futur.

Et puis plusieurs réalisateurs déjà couronnés sont en lice : les Belges Jean-Pierre et Luc Dardenne avec Tori et Lokita, le plus grinçant des cinéastes suédois, Ruben Östlund avec Triangle of Sadness, le Japonais Hirokazu Kore-eda, qui a, cette fois, tourné Broker avec la star sud-coréenne de Parasite, Song Kang-ho, ainsi que le Roumain Cristian Mungiu avec son dernier film, RMN.

Quant à savoir qui rejoindra Titane au rang des palmés d’or, rien n’est moins sûr. Les jeux semblent loin d’être faits et le secret est encore entier.

La sélection officielle

Voici les 21 films sélectionnés pour l’ultime récompense :

  • Holy Spider, d’Ali Abbasi (Danemark, Iran)
  • Les Amandiers, de Valeria Bruni Tedeschi (France)
  • Crimes of the Future (Les Crimes du futur), de David Cronenberg (Canada)
  • Tori et Lokita, de Jean-Pierre et Luc Dardenne (Belgique)
  • Des étoiles à midi, de Claire Denis (France)
  • Frère et sœur, d’Arnaud Desplechin (France)
  • Close, de Lukas Dhont (Belgique)
  • Armageddon Times, de James Gray (Etats-Unis)
  • Broker, de Hirokazu Kore-eda (Japon)
  • Nostalgia, de Mario Martone (Italie)
  • R.M.N., de Cristian Mungiu (Roumanie)
  • Triangle of Sadness (Le Triangle de la tristesse), de Ruben Ostlund (Suède)
  • Decision to Leave, de Park Chan-wook (Corée du Sud)
  • Showing Up, de Kelly Reichardt (Etats-Unis)
  • Leila’s Brothers, de Saeed Roustaee (Iran)
  • Boy From Heaven, de Tarik Saleh (Suède, Egypte)
  • Pacification, de Aldbert Serra (France, Espagne, Allemagne, Portugal)
  • Un petit frère, de Léonor Seraille (France)
  • La Femme de Tchaïkovski, de Kirill Serebrennikov (Russie)
  • Hi-Han (Eo), de Jerzy Skolimowski (Pologne)
  • Le Otto Montagne (Les Huit Montagnes), de Felix Van Groeningen et Charlotte Vandermeersch (Italie, Belgique, France)

 

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