Tanaka, l’éternelle: rétrospective à Flagey

Première réalisatrice de l’âge d’or du cinéma japonais, Kinuyo Tanaka ressort en salle. Exceptionnel.

Tanaka
© Prod

En 1953, l’actrice iconique d’Ozu ou ­Mizoguchi, Kinuyo Tanaka (1909-1977) passe derrière la caméra et devient la première femme cinéaste d’après-guerre au Japon. Ses six films, jusque-là inédits et superbement restaurés, mettent en scène l’expérience de la condition féminine dans le Japon corseté des années 50. La nuit des femmes (écho à La rue de honte de Mizoguchi) suit le destin d’une prostituée dans un centre de réhabilitation et convoque autant la violence féminine que la sororité ou l’éclosion d’un destin personnel. Grand mélo féminin, Maternité, éternelle figure d’une poétesse en résistance dans un monde où les femmes ne peuvent pas dire “je”, atteinte d’un cancer du sein et vivant une ultime passion physique. L’œuvre en ­couleurs de Tanaka laisse enfin exploser de grandes fresques féminines dont le somptueux Mademoiselle Ogin, récit de l’amour interdit de la fille d’un maître de thé pour un samouraï chrétien. Splendide.

Cycle Kinuyo Tanaka, jusqu’au 15/5. Présenté par Cinematek, Flagey.

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