Les Animaux Fantastiques, En même temps… Les sorties cinéma à ne pas manquer

La rédaction a sélectionné pour vous les nouveaux films à ne pas manquer... ou à éviter cette semaine.

En même temps
Vincent Macaigne et Jonathan Cohen dans En même temps. © Prod

Les Animaux Fantastiques: Les secrets de Dumbledore

Les péripéties du troisième volet de la série des Animaux fantastiques, issus de l’univers de la créatrice de Harry Potter mais prenant place à la montée des fascismes dans les années trente, résonnent étrangement avec la guerre qui frappe l’Europe. On y retrouve le grand magicien Dumbledore (Jude Law, virevoltant) forcé d’affronter le sorcier noir Grindelwald (pénétrant Mads ­Mikkelsen en remplacement de Johnny Depp) dans un monde menacé d’effondrement.

Réunissant sa troupe de magizoologistes (“moldus” ou pas), Norbert Dragonneau (Eddie Redmayne, au jeu un peu trop antinaturel) est chargé de retrouver un petit faon à écailles capturé par l’affreux ­Grindelwald, censé asseoir son pouvoir. Rejouant des batailles de baguettes magiques et redéfinissant les notions de courage à la fois très british et mytholo­giques, le film fait la part belle au duel masculin Jude Law/Mad Mikkelsen dont on découvre l’attirance passée, et à l’importance de la persévérance pour ­contrer les catastrophes. Puisse-t-il être entendu.


** Réalisé par David Yates. Avec Jude Law, Eddie Redmayne, Mad Mikkelsen – 142’.

En même temps

Didier Bequet (Jonathan Cohen) est un maire de droite, macho et raciste. Pascal Molitor (Vincent Macaigne) est un maire écolo un peu “béni-oui-oui”. Tout les oppose, surtout le projet d’un parc de loisirs écoresponsable qui nécessite de raser une forêt. Pourtant, ces deux-là vont se retrouver collés l’un à l’autre après avoir été piégés par des militantes féministes. De bipèdes, ils deviennent quadrupèdes. En même temps est un conte burlesque et engagé qui dresse un portrait de la France, aborde l’état de la gauche autant que les dérives du langage inclusif. Un vieux projet que Gustave Kervern et Benoît Delépine ont dépoussiéré. “Deux mecs collés l’un à l’autre, explique Benoît Delépine, c’est aberrant mais très cinématographique. En voyant la montée de l’extrême droite et du péril écologique, on a décidé de réactualiser cette idée.

Le dernier film du duo grolandais déboule en pleine campagne présidentielle française et ce n’est pas tout à fait inopiné. “Notre film, poursuit Benoît Delépine, c’est à peu près la seule campagne politique un peu sérieuse. L’écologie, personne n’en parle. Ils parlent tous de l’Ukraine.” Et Gustave Kervern de conclure: “Les thèmes que l’on développe dans le film sont totalement absents des débats. On rappelle juste aux gens que l’écologie et le féminisme sont des causes primordiales”.

*** Réalisé par Gustave Kervern et Benoît Delépine. Avec Vincent Macaigne, Jonathan Cohen, India Hair, Yolande Moreau, François Damiens – 106’.

Une jeune fille qui va bien

Irène (Rebecca Marder) a 19 ans. Elle veut entrer au Conservatoire pour devenir comédienne. Elle vit son premier grand amour, qui s’appelle Jacques. C’est une jeune fille qui vit les passions de son âge. Sauf que cette histoire se passe en 1942 dans un Paris occupé, où le port de l’étoile jaune est devenu obligatoire. Et qu’Irène est juive. Sandrine Kiberlain a choisi un angle particulier pour parler de son sujet: la guerre, elle ne la montre pas. On la sent, on en parle, mais on ne la voit pas. Portée par des cinéastes et des films qui l’ont inspirée, elle signe un premier long-métrage tout en nuance et trouve d’emblée son style: une sorte de ligne claire qui lui ressemble.

*** Réalisé par Sandrine Kiberlain. Avec Rebecca Marder, André Marcon – 98’.

De nos frères blessés

Adapté du roman éponyme de Joseph Andras (prix Goncourt du premier roman 2016 refusé par l’auteur), De nos frères blessés s’empare du destin de Fernand Iveton, ouvrier dans une usine d’électricité d’Alger, communiste et anticolonialiste rallié au FLN exécuté en 1957 par l’État français dans la prison de Barberousse. De cette figure méconnue et tragique d’une guerre d’Algérie encore taboue au cinéma, le second long-métrage d’Hélier Cisterne tire un portrait de l’engagement intime et politique dans le couple, dont la force repose essentiellement sur le regard amoureux que pose Vicky Krieps (dans le rôle d’Hélène Iveton, d’origine polonaise, qui accompagna son époux jusqu’au bout malgré ses différences d’opinion) sur ­Vincent Lacoste, qui trouve sans doute ici son rôle le plus adulte et le plus ­passionné.


*** Réalisé par Hélier Cisterne. Avec Vincent Lacoste, Vicky Krieps, Yoann Zimmer – 95’.

The Reason I Jump

En 2007, sort un livre écrit par Naoki ­Higashida, Japonais de 13 ans décrivant son monde d’autiste non verbal. The Reason I Jump fait l’effet d’une bombe. Jerry Rothwell en tire un film qui va à la rencontre de Ben, Emma, Justina, Joss ou Amrit qui nous apprennent que ne pas ­parler ne signifie pas ne pas penser, ni communiquer. Amrit, par exemple, s’exprime par des tableaux magnifiques qu’elle expose dans des galeries… Plus qu’un simple documentaire, voici un vrai objet de cinéma.


*** Réalisé par Jerry Rothwell – 81’.

Face à la mer

Présenté au festival L’heure d’hiver dédié à Beirut au cinéma Galeries (Bruxelles), Face à la mer met en scène le retour de Jana (séduisante actrice libanaise Manal Issa, actrice et ingénieure découverte dans le film de Danielle Arbid Peur de rien) dans sa ville d’origine qui ­semble menacée par un tsunami. La chronique urbaine se fait portrait de l’état dépressif de la jeune femme et d’un certain échec social pour un film atmosphérique décrivant un univers mental noyé dans une noirceur où la lumière peine à surgir.


** Réalisé par Ely Dagher. Avec Manal Issa, Roger Azar – 117’.

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