Sorties cinéma: Petrov’s Flu, fébrile

Avec Petrov’s Flu, Kirill Serebrennikov filme une descente aux enfers hallucinatoire dans la Russie post-soviétique.

Petrov's Flu
© Prod

C’est un film éprouvant. Adaptant un roman dystopique d’Alexeï Salnikov (Les Petrov, la grippe, etc. aux éditions des Syrtes 2020), le cinéaste russe ­dissident Kirill Serebrennikov (il n’avait pas pu présenter son dernier film Leto au dernier festival de Cannes – pas plus que celui-ci) raconte une nuit d’errance dans la vie de Petrov, un illustrateur de bande dessinée muselé par les autorités et atteint d’une ­fièvre délirante qui contamine son entourage et notamment sa femme Petrova, une libraire à poigne prise de pulsions à la fois érotiques et meurtrières. Film malade décrivant une Russie malade, alcoolique et corrompue, d’autant plus oppressant dans le contexte actuel, Petrov’s Flu se regarde comme une épreuve qui convoque à la fois les traumas de la pandémie et l’aliénation de tout un pays qu’on traverse comme un cauchemar urbain dans des transports en commun bondés, tandis que Petrov crache ses poumons et délivre un flux de conscience et d’images trauma­tiques aussi fiévreux que désorienté.

** Réalisé par Kirill Serebrennikov. Avec Semyon Serzin, Chulpan Khamatova, Yuliya Peresild – 146’.

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