Rien à foutre, The Innocents… Les sorties cinéma à ne pas manquer (ou à éviter)

La rédaction a sélectionné pour vous les nouveaux films à ne pas manquer ou à éviter cette semaine.  

innocents
© Prod

Rien à foutre

On ne l’avait pas vue aussi puissante depuis La vie d’Adèle. Neuf ans après la palme d’or, Adèle Exarchopoulos déboule avec une énergie phénoménale en Cassandre, hôtesse de l’air pour une compagnie low cost qui essaie de vivre vite entre deux escales et trois shots de vodka. Tourné en embarqué dans des aéroports en plein Covid, Rien à foutre dresse en creux le portrait désenchanté d’une jeunesse à bout de souffle devant l’ubérisation du monde. Le charisme sidéral d’Adèle excède à chaque plan le costume de l’hôtesse pour libérer un corps féminin à soi. – J.G.

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*** Réalisé par Julie Lecoustre et Emmanuel Marre. Avec Adèle Exarchopoulos, Alexandre Perrier, Mara Taquin – 115’.

The Innocents

Elles s’appellent Ida et Anna. Elles sont sœurs. Anna souffre d’autisme, Ida est une fillette timide. Elles viennent de déménager dans un nouveau quartier avec leurs parents. C’est là qu’Ida fait la connaissance de Ben et d’Aisha. Ce qui les différencie, ce sont leurs dons. Par la pensée, ils peuvent communiquer à distance, déplacer des objets, briser des branches d’arbre ou s’emparer de la volonté de qui que ce soit. Ce qui commence comme un passe-temps se pare bientôt de cruauté gratuite. Surtout dans le chef du jeune Ben, enfant habité par une colère qui ne semble pouvoir s’apaiser qu’en faisant le mal.

Deuxième long-métrage du Norvégien Eskil Vogt, scénariste pour Joachim Trier, The Innocents est bien plus ­flippant qu’un film d’horreur bourré d’effets, d’abord parce qu’il en est justement dépourvu, ensuite parce qu’il met en scène des enfants qui remuent en nous la question de l’origine du mal et celle d’un monde où l’innocence cherche désespérément sa place. – E.R.


*** Réalisé par Eskil Vogt. Avec Rakel Lenora Fløttum, Alva Brynsmo Ramstad, Mina Yasmin Bremseth Asheim – 117’.

Notre-Dame brûle

Récit non fictionnel, mixant habilement images reconstituées et images réelles, le film ne pointe aucune responsabilité mais fait état d’un concours de circonstances qui a empêché les secours d’arriver rapidement. L’occasion pour Jean-Jacques Annaud de nourrir un étonnant suspense. Même si on connaît l’issue de l’incendie, l’écriture et le montage de Notre-Dame brûle le rendent d’une efficacité redoutable. Après avoir tourné avec les plus grandes stars, de Sean Connery (Le nom de la rose) à Brad Pitt (Sept ans au Tibet), le cinéaste a confié les rôles principaux à des acteurs moins connus, laissant la vedette à la cathédrale chère à Victor Hugo. – E.R.

Retrouvez notre interview de Jean-Jacques Annaud dans notre nouveau numéro.


*** Réalisé par Jean-Jacques Annaud. Avec Samuel Labarthe, Jean-Paul Bordes – 110’.

À cœur battant

À travers l’histoire de deux amoureux qui s’aiment par écran interposé en attendant le visa de Yuval bloqué à Tel-Aviv tandis que Julie élève seule à Paris leur fils, la réalisatrice explore un dispositif formel tout en radiographiant la vie de couple. Exacerbé par les discussions en webcam, leur rapport se mue en une confrontation. Porté par le charme des acteurs (Judith Chemla et Arieh Worthalter), accompagnés de Noémie Lvovsky en mère narcissique, le film éprouve les limites de la vie par procuration, reléguant au rêve la magie première de la rencontre qui clôture à rebours l’histoire de Julie et Yuval. – J.G.


** Réalisé par Keren Ben Rafael. Avec Judith Chemla, Arieh Worthalter, Noémie Lvovsky – 90’.

Alors on danse

Après avoir découvert que son mari la trompait, Sandra retourne dans la maison de son enfance, où vit toujours sa sœur Danie, au caractère radicalement opposé. Mais leur passion commune pour la danse permettra peut-être de les rapprocher. Michèle Laroque livre un feel good movie auquel elle convie quelques vieux briscards de le comédie, dont Thierry ­Lhermitte et Patrick Timsit. Ça ne suffit pas pour insuffler une grande originalité à un récit déjà vu et revu, dont le principal intérêt réside dans la prestation enthousiaste de Sofiane Chalal, danseur de hip-hop maubeugeois, vraie révélation du film. – O.C.


* Réalisé par Michèle Laroque. Avec Michèle Laroque, Isabelle Nanty – 105’.

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