5 films avec William Hurt à voir ou à revoir

Il allait avoir 72 ans.  Il avait un style, une silhouette et une façon de jouer comme sur du velours.  William Hurt s’est éteint ce dimanche, laissant derrière lui des films qui ont marqué les années 80.

William Hurt
William Hurt dans Les Copains d’abord. © BelgaImage

La fièvre au corps

En 1981, le premier film de Lawrence Kasdan, qui prend William Hurt en affection au point d’en faire son acteur fétiche, est un hommage à la mythologie du film noir américain. L’histoire met en scène un avocat, pas vraiment un ténor mais plutôt beau mec et coureur, qui drague une jeune femme à l’aura scintillante. La rencontre d’un soir dans un bar donne un couple inflammable qui voudra se débarrasser – classique! – du mari encombrant… Le duo à la nitroglycérine est campé par Kathleen Turner et William Hurt qui donnent le ton à une décennie très intéressée à explorer une nouvelle vision de l’érotisme à l’écran.  Même s’il ne faut pas résumer La fièvre au corps (Body Heat en anglais) à ses scènes torrides, elles restent tout de même un exemple de glamourisation du sexe qui aura marqué les esprits et l’histoire du fantasme au cinéma.

Les copains d’abord

Deuxième film de Lawrence Kasdan (par ailleurs scénariste aux mains d’or ayant signé trois épisodes de Star Wars, Les aventuriers de l’arche perdue et… The Bodyguard), Les copains d’abord (The Big Chill en VO) est une odyssée du cœur à travers l’amitié reliant un groupe d’hommes, tous sortis de la même université, qui ont rendez-vous à l’enterrement d’un de leurs copains. En 1983, le film aligne un casting en or platine (Glenn Close, Jeff Goldblum, Kevin Cline, Tom Berenger, Kevin Costner… et bien sûr William Hurt) et souligne son propos sentimental par des chansons qui font écho au roman d’amitié. Une sorte de Quatre mariages et un enterrement avant Quatre mariages et un enterrement.

Le baiser de la femme araignée

Autre film marquant des années 80, Le baiser de la femme araignée d’Hector Babenco raconte le dialogue en huis clos entre deux détenus dans une prison brésilienne à l’époque de la dictature. William Hurt est inoubliable dans le kimono de Luis Molina, homosexuel qui rejoue à son compagnon de cellule les grandes figures du cinéma romantique. Une performance récompensée par l’Oscar du meilleur acteur et le prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes en 1985. Le film reste un repère important dans l’histoire de la représentation de l’homosexualité au cinéma et traduit l’intérêt du septième art pour un sujet politique – les discriminations vécues par de la communauté LGBT – encore nouveau à l’époque.

Les enfants du silence

Grand moment du cinéma américain des eighties, ce film de Randa Haines ouvre la voie à l’exploration de la communauté des sourds et des malentendants. Dans son rôle de prof avant-garde, intrigué par la personnalité d’une jeune femme s’exprimant autrement que par la parole, William Hurt trouve un de ses personnages les plus touchants et met en évidence le travail remarquable de Marlee Matlin, actrice sourde de 21 ans, qui crée l’événement en décrochant l’Oscar de la meilleure actrice en 1987. Tout le monde se souvient de ce moment rare où Marlee Matlin (robe en lamé noire, épaules nues et grandes lunettes) monte sur scène et fait son discours de remerciement en langue des signes. Une première.

Alice

Même s’il n’est qu’un acteur parmi d’autres (Alec Baldwyn, Mia Farrow, Joe Mantegna, Judy Davis, Cybill Shepherd – excusez la brochette!), William Hurt impose son style et son jeu dans cette comédie de mœurs de Woody Allen, typique du début des années 90. Mari cavaleur, homme de pouvoir, père absent – le personnage interprété par l’acteur est le prototype d’une masculinité questionnée dans ses stéréotypes…

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