Animals, Goliath… Les sorties cinéma à ne pas manquer (ou à éviter)

La rédaction a sélectionné pour vous les nouveaux films à ne pas manquer ou à éviter cette semaine.

Pierre Niney
Pierre Niney dans Goliath. © Prod

Animals

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de la mère de Brahim. La maison est envahie par les invités, joyeux d’être là. Accroché à son portable, Brahim est soucieux. Il tente de contacter Thomas, son petit ami. Après avoir quitté la fête, le jeune homme se met en tête de chercher Thomas dans le quartier des bars gays. C’est là qu’il accepte de monter dans la voiture de quatre inconnus qui vont le séquestrer, le dénuder et le battre à mort. Sans rien éluder de l’atrocité de l’instant, Nabil Ben Yadir filme la peur – notamment dans un très long plan muet sur le visage de Brahim qu’on devine dans l’obscurité du coffre dont il est prisonnier. Assez silencieux, le film se termine au petit matin lorsque les quatre ­bourreaux, après avoir abandonné le corps de Brahim, rentrent chez eux, convaincus d’avoir passé une simple nuit de beuverie. Basée sur une histoire vraie, celle d’Ihsane Jarfi tué parce qu’il était gay, Animals montre l’animosité, la haine, la hargne, le dégoût de l’autre et la volonté de le détruire. – S.M.

*** Réalisé par Nabil Ben Yadir. Avec Soufiane Chilah – 92’.

La mif

Audrey, Novinha, Précieuse, Justine, Tamra, Aliso, Caro. Elles sont sept adolescentes venues de parcours très différents mais toutes marquées par la violence familiale, le trauma, parfois la mort. Elles chantent Aya Nakamura, parlent de sexe crûment, résistent, se ­battent, s’abandonnent parfois les unes aux autres autour de la question qui semble animer le cinéaste suisse Frédéric Baillif (venu du documentaire): comment aimer lorsqu’on a vécu le pire? Sélectionné à Berlin, lauréat du Bayard d’or au dernier Festival de Namur, La mif (“famille” en verlan) est une sorte de film-guérilla qui, selon le principe du cinéma vérité (tournage avec des non-actrices qui partagent des fragments de leur vie), vient nous remuer avec énergie. Difficile d’oublier le sourire d’Alison et Caro qui font ensemble l’apprentissage de la sexualité sous l’œil faillible mais toujours ouvert de leur éducatrice Lora, donnant aussi au spectateur une place que le cinéma offre rarement. – J.G.

*** Réalisé par Frédéric Baillif. Avec Claudia Grob, Anaïs Uldry, Amandine Golay, Kassia Da Costa – 107’. 

Dog

Strip-teaseur inoubliable de Magic Mike chez Steven Soderbergh, Channing Tatum revient ici à la fois devant et derrière la caméra pour un buddy-movie canin qui est aussi l’occasion d’une traversée parfois caricaturale mais pas déplaisante de l’Amérique. On y suit le voyage de Briggs, un vétéran des guerres du Moyen-Orient chargé d’accompagner la chienne de guerre Lulu, elle-même souffrant de séquelles post-traumatiques, à l’enterrement de son maître. À ­travers une série de rencontres rocambolesques, les deux amis font ensemble la découverte de la ­tendresse et de la responsabilité. Ce n’était pas gagné mais ça marche. Tous publics. – J.G.

** Réalisé par Channing Tatum et Reid Carolin. Avec Channing Tatum, Luke Forbes – 102’.

Goliath

Après le suicide d’une agricultrice, Patrick, un avocat solitaire (l’épatant Gilles ­Lellouche), s’attaque à un géant de l’agrochimie aux intérêts défendus par un ­lobbyiste sans scrupule (Pierre Niney). Une activiste anti-pesticides (Emmanuelle Bercot) va se joindre à cette lutte inégale. Récit choral intense, Goliath décortique les rouages d’intérêts qui nous dépassent, souvent au péril de notre santé. – O.C.

*** Réalisé par Frédéric Tellier. Avec Gilles Lellouche, Pierre Niney – 122’.

Kung-fu Zohra

Il ne faut jamais faire confiance aux publicitaires, en particulier ceux qui ont imaginé l’affiche du dernier film de Mabrouk El Mechri. Car le premier réflexe serait de jeter Kung-fu Zohra dans le container des comédies françaises lourdingues qui pas­tichent des modèles hollywoodiens. Or, s’il ne s’agit pas non plus du film de l’année, on est tout de même loin de cette première impression. Kung-fu Zohra est d’abord l’histoire d’une femme (Sabrina Ouazani) qui a peur pour sa fille et accessoirement pour elle. Son mari Omar (Ramzy Bedia), qu’elle a rencontré au bled et qui lui a promis une belle vie en France, accumule les échecs et devient violent. Quand elle rencontre un maître de kung-fu sur son lieu de travail, un autre horizon s’offre à elle.

La bonne idée du film est de partir du ­phénomène de la violence conjugale pour en faire un film populaire, donc susceptible d’être vu par un public jeune. Une fois cette logique intégrée, on peut en accepter tous les développements scénaristiques, même ceux qui poussent le bouchon un peu loin. Ce qui n’en fait pas moins une bonne surprise. – E.R.

** Réalisé par Mabrouk El Mechri. Avec Sabrina Ouazani, Ramzy Bedia, Eye Haïdara – 99’.

Murder Party

Lorsque Jeanne, une jeune architecte, débarque dans le château de la famille Daguerre qui a fait fortune dans les jeux de société, elle croit être tombée chez les fous. À la mort du ­patriarche (Eddy Mitchell), une voix met les occupants au défi de trouver qui est l’assassin. Ce premier film ressemble beaucoup à un plat réalisé avec tout ce qui restait dans le frigo. On y retrouve du Jean-Pierre Jeunet ­saupoudré d’Agatha Christie avec un soupçon du 8 femmes d’Ozon ou, pour les fins gourmets, de Wedding Nightmare. Au final, on est hélas plus proche de Secret Story. Miou-Miou et Pascale Arbillot n’y peuvent rien. – E.R.


* Réalisé par Nicolas Pleskof. Avec Alice Pol, Pablo Pauly, Eddy Mitchell, Miou-Miou – 103’.

Sur le même sujet
Plus d'actualité