Uncharted, La vraie famille… Les sorties cinéma à ne pas manquer (ou à éviter)

La rédaction a sélectionné pour vous les nouveaux films à ne pas manquer ou à éviter cette semaine.

La vraie Famille
Mélanie Thierry et Lyes Salem dans La Vraie Famille. © Prod

Great Freedom

Prix du jury Un Certain Regard à Cannes, présélectionné aux Oscars, le film de l’Autrichien Sebastian Meise raconte l’histoire de Hans Hoffman, incarcéré par trois fois pour homosexualité dans l’Allemagne post-guerre régie par l’article 175 (aboli en 1969, réellement en 1994). À travers ce personnage fictif superbement incarné par Franz Rogowski (souvent vu chez Christian Petzold), le film est autant un drame historique sur la criminalisation de l’homosexualité qu’un film de prison poignant et une méditation profonde sur l’amour et la liberté. Fonctionnant par ellipses (entre 1945 au retour des camps, 1957 et 1969 à la veille de l’homme qui a marché sur la Lune), l’histoire de Hans et Viktor (bouleversant Georg Friedrich en toxico brisé) se noue par étapes sous nos yeux, à travers des gestes qui échappent et qui sèvrent du manque d’amour, racontant un lien indicible qui n’appartient qu’aux personnages et à ceux qui les regardent.

**** Réalisé par Sebastian Meise. Avec Franz Rogowski, Georg Friedrich – 116’. 

Belle

Sous l’avatar de Belle, chanteuse adulée aux cheveux roses, Suzu, ado introvertie et orpheline, rencontre Dragon, bête numérique qui sévit dans l’univers parallèle U. Troublée par son regard, Suzu décide de découvrir l’identité de la Bête. Pur génie de l’animation nippone, Mamoru Hosoda (Les enfants loups, Miraï, ma petite sœur) replonge dans les douleurs et les joies de l’enfance en fouillant les monstres et les rêves qu’il confronte à une vision ultra-réaliste du Japon contemporain. On y découvre le charme maladroit des écolières, la dénonciation des maltraitances et des structures de domination autant qu’une vision envoûtante de l’univers numérique mêlé de fantastique manga pop (pluies de fleurs, baleines volantes, cités imaginaires rappelant Cocteau), où les avatars que sont ces versions améliorées de nous-mêmes ne sont pas forcément incompatibles, si on en a le ­courage, avec la possibilité d’être soi.


*** Réalisé par Mamoru Hosoda. Avec les voix françaises de Louane Emera, Florent Dorin – 122’. 

Hopper et le hamster des ténèbres

Que faire quand on est le fils adoptif du roi Arthur et que l’on veut affirmer sa différence? Hopper Chickenson considère qu’être à moitié lapin, à moitié poulet est plutôt un handicap qui l’empêche de devenir un aventurier comme son père. ­Pourtant, les péripéties qu’il va vivre lui prouveront qu’une présumée faiblesse peut se transformer en force. Adapté d’un roman graphique de Chris Grine, Hopper et le hamster des ténèbres est construit comme un millefeuille bourré de références qui réjouiront les nostalgiques d’Indiana Jones autant que les fans du jeu Ninja Warrior. Les amateurs de jeux vidéo apprécieront la séquence des cochons guimauves, un des ­sommets du film.

Retrouvez notre interview du cinéaste belge Ben Stassen dans notre nouveau numéro.

*** Réalisé par Benjamin Mousquet et Ben Stassen. Avec les voix de Thomas Solivérès, Chloé Jouannet, Nicolas Maury – 91’.

Uncharted

Adapter un jeu vidéo sur grand écran n’est jamais simple, et les réussites (dont, à la surprise générale, les récents Sonic et Detective Pikachu) sont rares. À cette courte liste vient s’ajouter Uncharted, basé sur les jeux du même nom, où le joueur incarne un Indiana Jones des temps modernes, accro aux chasses au trésor. Si le film de Ruben Fleischer (Zombieland) n’est pas exempt de défauts, comme son manque flagrant d’originalité, il offre néanmoins un grand spectacle, souvent “over the top”, mais totalement assumé, ce qui en fait sa force. Suffisamment dépaysant pour plaire, Uncharted remplit son cahier des charges et séduit par sa légèreté et sa bonne humeur.


** Réalisé par Ruben Fleischer. Avec Tom Holland, Mark Wahlberg, Sophia Taylor Ali – 115’.

La place d’une autre

Adaptation d’un roman policier pionnier (La morte-vivante de Wilkie Collins) transposé dans les Vosges à la veille de la Grande Guerre, le charme du film n’est pas sans évoquer Le journal d’une femme de chambre de Mirbeau à travers le personnage ambigu de Nélie (Lyna Khoudri), jeune femme sans ressource qui parvient, après la fréquentation du pire, à prendre la place d’une jeune bourgeoise et échapper au déterminisme social. Mais y échappe-t-on jamais vraiment? Aurélia Georges signe un thriller délicat autour de l’identité féminine troublée, porté par Lyna Khoudri et Sabine Azéma. Un bel ouvrage, comme on le dirait d’un tableau dont les ombres s’animeraient sous vos yeux.

** Réalisé par Aurélia Georges. Avec Lyna Khoudri, Sabine Azéma, Laurent Poitrenaux – 112’. 

La vraie famille

Avec un art du jeu dépouillé à l’extrême qu’elle affine de film en film (on l’adorait en princesse de Montpensier chez ­Bertrand Tavernier avec le regretté Gaspard Ulliel, dans La douleur d’après Marguerite Duras et récemment en patiente saisie d’un transfert amoureux dans la série En thérapie), Mélanie Thierry bouleverse en mère de famille d’accueil dans le second long-métrage de Fabien Gorgeart, terrifiée à l’idée de se séparer de Simon, un petit garçon de six ans à qui elle s’est viscéralement attachée. Un drame familial d’une finesse remarquable sur l’équilibre ­fragile des familles et la nécessité du lâcher-prise parfois pour soulager ceux que nous aimons.


 ** Réalisé par Fabien Gorgeart. Avec Mélanie Thierry, Lyes Salem, Félix Moati – 102’. 

Maison de retraite

Condamné à une peine de 300 heures de travaux d’intérêt général, Milann, un jeune trentenaire, se retrouve dans une maison de retraite où il va avoir fort à faire avec le directeur mais aussi avec les pensionnaires. Pas vraiment drôle, Kev Adams se taille la part du lion dans cette comédie faiblarde et fort ­consensuelle qui déborde de bons sentiments. Reste le plaisir de retrouver parmi les retraités aux côtés de Depardieu des visages familiers tels que Daniel Prévost, Mylène Demongeot, Marthe Villalonga ou encore Liliane Rovère (Dix pour cent), dont le haut capital sympathie permet de sauver les meubles.


* Réalisé par Thomas Gilou. Avec Kev Adams, Gérard Depardieu – 97’.

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