Sorties cinéma: Mort sur le Nil, huis clos kitsch

Kenneth Branagh place son Death On The Nile entre Agatha Christie et William Shakespeare.

Mort sur le Nil
© Prod

Cinq ans après un Crime de l’Orient-Express décevant, Kenneth Branagh remet les moustaches d’Hercule Poirot pour ce Mort sur le Nil qui ne fera certes pas oublier celui qui fut réalisé avec Peter Ustinov en 1978, mais qui présente néanmoins plusieurs qualités, dont celle de nous dévoiler une face cachée du célèbre détective belge: sa guerre 14, son grand amour, sa blessure encore ouverte et le secret de sa moustache, tout cela dans une scène d’ouverture inattendue, en noir et blanc, qui se déroule dans les tranchées d’Ypres. On connaît par ailleurs la passion de l’acteur et réalisateur britannique pour Shakespeare et l’on ne sera pas étonné que, dans les moments les plus dramatiques, le huis clos, les meurtres successifs, les secrets et les trahisons soient mis en scène comme s’il s’agissait d’une tragédie du grand Will, où l’amour le dispute au pouvoir de l’argent dans les listes des raisons de tuer son prochain. Dommage que les extérieurs soient si laids, si “carton-pâte” et d’un tel kitsch, avec des couleurs ­criardes qui font penser à ces vieux papiers peints en vinyle des années 70.

** Réalisé par et avec Kenneth Branagh. Avec Armie Hammer, Gal Gadot, Annette Bening, Emma McKey – 127’.

Sur le même sujet
Plus d'actualité