Sorties cinéma: Compartiment n°6, un rail-movie sincère en Russie

On chavire avec Compartiment n°6, histoire d’amour post-romantique entre Moscou et Mourmansk.

compartiment n°6
© Haut et Court

Grand prix du dernier festival de Cannes, tourné presque entièrement dans un train entre Moscou et Mourmansk au-delà du cercle arctique, le film du Finlandais Juho Kuosmanen suit le coup de foudre amoureux entre Laura, une étudiante en archéologie qui entreprend d’aller voir seule les pétro­glyphes de Mourmansk, et Ljoha, un mineur russe un peu rude. De cette rencontre qui démarre ­brutalement dans la Russie post-soviétique au début des années 1990, adaptée d’un roman de l’autrice finlandaise Lisa Liksom, Juho ­Kuosmanen tire un drame amoureux éblouissant et mystérieux, où le voyage devient un principe de découverte de l’autre et de soi.

J’avais vraiment envie de tourner en Russie à cause de la qualité des décors naturels. Les textures, les lieux sont imparfaits donc cinématographiques. Cela correspondait à mes personnages. Laura et Ljoha ne sont pas des personnages tout faits. Ils sont nés à la fois au scénario et au tournage. Ljoha se cache derrière le stéréotype du Russe qui boit de la vodka, et Laura trouve en lui son besoin d’être regardée. C’est cette rencontre que je voulais filmer”, nous a confié le ­cinéaste. On assiste donc à un “film de rail” assez ­virtuose sur un air de Desireless (les scènes de train ont été tournées en deux semaines dans un train loué pour le film) à la sincérité brute, où l’on croise des babouchkas à l’humour noir, une jeunesse pas encore connectée à son smartphone et où la quête de ces pétro­glyphes qu’on ne verra jamais devient le cœur d’un voyage au bout de soi et de la nuit arctique, vers ce qu’on pourrait appeler l’amour, dépouillé de tout.

*** Réalisé par Juho Kuosmanen. Avec Seidi Haarla, Youri Borisov – 107’.

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