Sorties cinéma: Lingui, ode à la sororité

Avec Lingui, le Tchadien Mahamat-Saleh Haroun filme le combat d’une mère pour l’avortement. Un film somptueux et politique.

Lingui
© Ad Vitam

Il décrit son film comme “un cheminement vers la lumière”. Cinéaste tchadien basé à Paris, à qui l’on doit quelques chefs-d’œuvre du cinéma africain (Daratt, une saison sèche en 2006, Un homme qui crie en 2010), Mahamat-Saleh Haroun met en scène une héroïne du quotidien à travers le portrait d’Amina (la révélation Achouackh Abakar Souleymane), une artisane des ­faubourgs de N’Djamena dont le destin bascule lorsque sa fille fait face à une ­grossesse non désirée. Jamais démonstratif (les scènes de rue et de renaissance sont ­profondément cinématographiques), le film décrit les épreuves des deux femmes dans un combat émancipatoire où le “lien sacré” serait la sororité érigée en principe libérateur. “Pour écrire cette histoire, je me suis inspiré des récits que j’entends dans la cour de ma mère, des histoires de femmes, ouvrières, mises au ban de la société et qui parviennent à surmonter la ­tragédie et à vaincre les interdits grâce à la tendresse. C’est ce sentiment qui permet de faire communauté.” Un grand film sur le rôle émancipateur et politique du cinéma, ici ou ailleurs.

*** Réalisé par Mahamat-Saleh Haroun. Avec Achouackh Abakar Souleymane, Rihane Khalil Alio – 87’.

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