Sorties cinéma: Haut et fort, une jeunesse en résistance

Dans Haut et fort, Nabil Ayouch raconte la jeunesse marocaine qui danse et qui rappe.

haut et fort
© Ali n’ Productions

À travers l’histoire vraie d’Anas, ancien rappeur engagé dans un centre culturel d’un quartier populaire de Casablanca, Nabil Ayouch filme, entre le documentaire et la fiction, une jeunesse en résistance. Vingt ans après Ali Zaoua, chronique sur les enfants de la rue au Maroc, le cinéaste a créé plusieurs centres culturels dans différents quartiers au Maroc. C’est là qu’Anas est venu lui proposer un projet: la positive school de hip-hop. C’est en regardant Anas donner cours qu’il a eu envie de filmer. Car rapper en pays musulman est clairement un projet émancipateur, notamment pour les filles. “J’ai voulu filmer Anas comme une sorte de mercenaire, il a du charisme, il est sans concession, il ne vient pas pour être aimé mais pour planter des graines et transmettre”, raconte Nabil Ayouch.

La démarche résonne avec sa propre jeunesse en banlieue parisienne… “C’est dans les MJC de quartier que j’ai appris à me connaître et à m’aimer à quinze ans. On écoutait de la variété française et les premiers sons de rap conscient. Les centres culturels, c’est la reproduction des MJC de mon enfance”, poursuit-il. Et c’est un bonheur d’assister à l’éclosion d’Ismail, Meriem et Zineb – tous issus du quartier Sidi Moumen de Casablanca (qu’Ayouch avait déjà filmé dans Les chevaux de Dieu), affranchis des barrières traditionnelles et patriarcales de la société. Hasard des sorties, le film fait aussi écho à Suprêmes sur les débuts de NTM pour nous rappeler la force positive et collective de l’utopie hip-hop.

*** Réalisé par Nabil Ayouch. Avec Anas Basbousi, Ismail Adouab, Meriem Nekkach – 102’.

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