Kinoféroce à Bruxelles, une autre manière de voir le cinéma

Le monde de l’audiovisuel reprend du poil de la bête. Le Kinograph a créé Kinoféroce pour diffuser du cinéma libre, décomplexé, atypique, impétueux, puissant.

la salle de cinéma Kinograph
Le Kinograph. © Bruno Dias Ventura

Le Kinograph, cinéma installé dans les anciennes casernes d’Ixelles, propose un nouveau concept nommé Kinoféroce. Un jeu de mots avec « rhinocéros » afin d’alerter sur l’extinction de certains types de films. Le but de cette action est de projeter des œuvres qui n’auront pas l’opportunité d’être vues en salle, avec la volonté de créer une nouvelle rencontre entre un film et son public. “Etant donné que ces films ne sont pas créés dans une logique de rentabilité, on leur permet d’être diffusés sans être noyés dans ce flux constant”, explique Jérôme, réalisateur belge et l’un des organisateurs.

L’idée nous est venue avec Xavier Seron. On voyait autour de nous beaucoup de films qui restaient au placard car ils n’intéressent pas les distributeurs, ni les salles”, détaille-t-il. Pour faire la sélection des films qu’ils souhaitent proposer, ils ont créé la corne, un rassemblement de cinéastes belges. Les appels à candidatures ont été lancés il y a deux mois et ils ont déjà reçu énormément de propositions. “On a choisi des fictions et quelques films documentaires, on n’a pas de critères précis, il faut juste qu’ils n’aient pas connu une quelconque programmation antérieure”, précise Jérôme.

Succès

On est encore sur une période test, mais les premières séances sont très prometteuses, on attendait une cinquantaine de personnes pour la première représentation du film Bula de Boris Baum. Finalement, on a eu plus du double”, se réjouit-il. Le projet va continuer en janvier et février. De nouveaux lieux sont aussi mis à l’honneur comme l’IAD à Louvain-la-Neuve et un espace socioculturel à Liège. “On souhaite mettre plus de diffusions en Wallonie afin que chaque film puisse tourner un maximum”, ambitionne-t-il.

La pandémie a fragilisé l’économie d’exploitation de films surtout avec la concurrence des plateformes. Le projet Kinoféroce résulte donc d’une envie de soutenir les jeunes créateurs et de permettre une vraie rencontre, suivie d’un échange entre le public, le film, et les créateurs. “On est très optimistes pour la suite de ce projet”, conclut Jérôme.

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