Sorties cinéma: Matrix Resurrections, le retour de l’élu

Un cadeau de Noël avant l'heure pour les fans de Matrix. Le quatrième volet de la saga sort ce mercredi sur grand écran. Notre verdict.

Keanu Reeves dans Matrix
© Warner Bros. Entertainment Inc

En 1999, Matrix nous posait une question moins simple qu’il n’y paraissait. Qu’est-ce que la matrice? Pour leur deuxième film (après le trop souvent oublié Bound), les Wachowski s’étaient en effet donné pour mission de questionner notre réalité, à grand coup de références pop, de violence et de scènes cultes souvent imitées, mais jamais égalées. Vingt-deux ans plus tard, Lana Wachowski revient seule derrière la caméra pour un quatrième volet qui questionne moins la réalité (à l’ère des fake news, à quoi bon) pour mieux se questionner lui-même. Avant toute chose, qu’est-ce que Matrix Resurrections? Une suite? Un reboot? Un épilogue? Le début d’un nouveau chapitre? Ou une fable méta sur cette œuvre phare du début des années 2000?

Et bien un peu de tout ça à la fois. Sans trop en dévoiler sur l’intrigue, ce quatrième Matrix n’est pas avare en clin d’œil et en autoréférences (quitte à intégrer directement des scènes de la trilogie), et nous replonge immédiatement dans son univers grâce à une introduction très futée et surtout très drôle (une première pour cette franchise souvent trop sérieuse). L’occasion de retrouver ce bon vieux Néo/Thomas Anderson, et d’apprendre, en même temps que lui, ce qu’il est devenu depuis la fin de Matrix Revolutions en 2003.

La suite, et les explications qui en découlent (qui ne nécessitent pas de revoir les mal-aimés, deuxième et troisième volets), sont plus conventionnelles, mais prouvent qu’en plus de vingt ans, Hollywood a tenté de “faire du Matrix”, mais n’y est jamais parvenu. Une leçon que Lana Wachowski n’hésite pas à nous rappeler, quitte à s’autoparodier pour prouver son point.

Logiquement, Matrix Resurrections ne peut pas être une claque cinématographique comme le fut le premier volet à sa sortie. D’autant que quand il s’agit de filmer des scènes de combat, Lana seule peine à se révéler à la hauteur (celles-ci sont trop rapides, mal cadrées et surtout trop découpées). Heureusement pour tous les fans qui attendaient le retour de la saga, Resurrections n’a pas l’ambition de réinventer la roue, mais bien de rappeler qui l’a popularisé. Et à ce petit jeu, Lana Wachowski, Keanu Reeves et Carrie-Anne Moss s’amusent comme des fous. Comme un standupper qui lâcherait son micro à la fin de son spectacle, le trio rappelle que les boss, c’est eux. Échec et mat. Nous, en tout cas, on attend déjà la suite.

*** Réalisé par Lana Wachowski. Avec Keanu Reeves, Carrie-Anne Moss, Yahya Abdul-Mateen II – 148’

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