Sorties cinéma: démarrage record pour Spider-Man, échec pour Spielberg

L’homme-araignée a fait mieux que tous les Star Wars malgré les mesures sanitaires, tandis que West Side Story n’attire pas les foules.

Record au box office pour Spider-Man, échec pour West Side Story
(@Sony Pictures/20th Century Studios)

La crise sanitaire n’a pas été tendre avec les différents secteurs de la culture et continue de les malmener. Parmi ceux-ci, les cinémas ont du mal à remonter la pente. Il est clair qu’ils n’ont pas été parmi les plus touchés. Quand d’autres étaient à l’arrêt complet, ils pouvaient retravailler avec des capacités de salles limitées. Mais même lorsque les règles sanitaires étaient peu strictes, il a été difficile pour les salles d’atteindre des chiffres d’affaire ressemblant à ceux de 2019 et avant.

Même les blockbusters les plus attendus comme No Time to Die et Fast and Furious n’ont pas atteint les sommets habituels, même si ce sont eux qui ont amassé le plus de dollars cette année. Mais cette semaine, l’un de ces films a prouvé que certains personnages sont plus forts que toutes les restrictions liées au Covid-19: Spider-Man.

En effet, sorti ce mercredi en Belgique et vendredi aux États-Unis, Spider-Man: No Way Home est le troisième volet des aventures de l’homme-araignée avec les traits de Tom Holland et la huitième adaptation cinématographique de cette bande dessinée au total, neuvième si on compte l’oscarisé film d’animation Into The Spiderverse.

D’ailleurs, No Way Home rend hommage à toutes les précédentes adaptations du superhéros new-yorkais en rassemblant tous les ennemis qu’il avait affrontés auparavant, interprétés par les acteurs d’origine: Willem Dafoe joue le Bouffon Vert, Alfred Molina joue le Docteur Octopus, etc.

Un film-célébration qui a attiré les spectateurs vers les cinémas, alors qu’un peu partout dans le monde, le Covid-19 se propage de plus belle et que les pays doivent renforcer leurs mesures sanitaires. En Belgique, par exemple, c’est 200 devant un écran, peu importe la capacité de la salle, avec port du masque et distanciation.

Malgré cela, Spider-Man réalise le meilleur démarrage de l’année pour un film, battant tous les autres films à plate couture, mais ce n’est pas tout. Avec 587 millions de dollars de recettes, c’est même le troisième meilleur démarrage de tous les temps, devant Star Wars 7 et 8, tous les Disney, Pixar, Marvel, et autres habitués des records pré-pandémie.

Seuls Infinity War et Endgame, Avengers 3 et 4 respectivement, qui avaient réuni tous les superhéros Marvel dans deux films, gardent leur place sur les premières marches du podium.

Si l’engouement ne diminue pas trop vite, ce Spider-Man 3 pourrait bien faire partie des plus grands succès de l’histoire du cinéma, au nez et à la barbe des restrictions sanitaires.

New York, New York…

Par contre, à l’autre bout du classement, on retrouve un cinéaste mythique et habitué aux succès : Steven Spielberg. Pour son remake de la comédie musicale culte West Side Story, c’est l’hécatombe. Il sera difficile pour le film de faire des bénéfices avec son colossal budget de 100 millions de dollars. Exagéré? Sur le papier, pas vraiment, l’original fait partie du patrimoine cinématographique américain et Spielberg est une légende. Puis, on ne peut pas mettre en scène une comédie musicale avec décors, danseurs, chansons et chorégraphies sans faire beaucoup de frais.

D’ailleurs, les critiques du film sont globalement excellentes. Mais il n’a rapporté que 10 millions de dollars lors de sa semaine de démarrage et 10 jours plus tard, n’est qu’à 27 millions dans le monde entier. Selon Variety, pour rentrer dans ses frais, West Side Story devrait atteindre 300 millions, ce qui semble difficile à imaginer.

20th Century Studios, qui produit le film, se doutait même que le film démarrerait lentement et a même négocié avec les grands groupes cinéma américains de le garder à l’affiche plusieurs semaines même s’il ne fonctionnait pas, chose particulièrement rare que seuls de gros studios peuvent se permettre (20th Century appartient aujourd’hui à Disney).

Selon certains analystes, la différence entre un record d’un côté et cet échec de l’autre s’explique en partie par l’âge du public. Aux USA, les 40 ans et plus ne font aucun effort pour retourner au cinéma, contrairement aux plus jeunes. Pourtant, le public qui a été voir West Side Story dès sa sortie était majoritairement composé de spectateurs de 55 ans et plus…

Il faut dire aussi que le marketing du film ne joue que sur la nostalgie du film original et le nom de Spielberg, car le casting ne compte aucune star qui pourrait attirer les spectateurs rien qu’avec son nom.

À voir si le bouche-à-oreille et le bon accueil de la presse feront de West Side Story un succès sur le long terme. Car ce, peut-être temporaire, échec ne peut manifestement pas entièrement rejeter la faute sur la crise sanitaire. Un autre film se déroulant aussi à New York l’a bien prouvé.

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