Où est Anne Frank, Spider-Man… Les sorties cinéma à ne pas manquer (ou à éviter)

Anne Frank version animée, une Lady Di déchirante ou encore un Spider-Man qui frôle l'indigestion... La rédaction a sélectionné les nouveaux films à ne pas manquer (ou à éviter) cette semaine.

Spider-Man No Way Home
Tom Holland, Zendaya, Jacob Batalon dans le dernier Spider-Man. © Marvel/Sony Pictures

Où est Anne Frank

Un soir d’orage de nos jours, dans “l’annexe” de l’immeuble du 263, Prinsengracht à Amsterdam, où Anne Frank écrivit son journal. Un lieu de mémoire aujourd’hui transformé en musée, où l’encre du stylo d’Anne se remet à couler. Se forme le visage de Kitty, l’amie imaginaire à qui elle s’adressait dans son journal. Héroïne rock armée d’une flamboyante chevelure rousse, Kitty part à la recherche d’Anne dans le Amsterdam contemporain traversé par de jeunes migrants. Le film nous replonge dans l’histoire d’Anne Frank (1929-1945), morte en déportation avec sa sœur Margot, via des allers-retours judicieux entre passé et présent. L’imaginaire d’Anne est remobilisé tandis que la rencontre entre Kitty et les jeunes réfugiés Peter et Ava (magnifiquement imaginés par la dessinatrice Lena Guberman) perpétue l’esprit universel d’Anne Frank. Splendeur animée et engagée, Où est Anne Frank se regarde comme un formidable récit d’apprentissage que l’on traverse la gorge nouée, rempli de gratitude. À découvrir absolument.

**** Où est Anne Frank réalisé par Ari Folman. Avec les voix de Sara Giraudeau et Ludivine Sagnier – 99’.

Spencer

" Fable tirée d’une vraie tragédie ", la nouvelle icône filmée du cinéaste chilien Pablo ­Larraín (après son portrait endeuillé de Jackie Kennedy avec Natalie Portman) tente de capter l’essence de Lady Diana née Spencer (d’où le titre), idole planétaire disparue dans un accident de voiture en 1997. Le temps d’un week-end de Noël avec la famille royale à Sandringham House dans le Norfolk, le film plonge dans l’état émotionnel (et les yeux renversants) de Diana, princesse en quête d’émancipation sans cesse objectivée, pesée (le ­passage obligé sur la balance est terrifiant) et corsetée par les traditions. Lorsqu’on ordonne de coudre les rideaux de sa chambre pour éviter l’œil des paparazzi, Diana s’échappe dans la campagne et ses tenues ­Chanel iconiques (reproduites pour le film). Kristen Stewart porte un peu moins bien la perruque qu’Emma Corrin (Lady Di dans la saison 3 de The Crown), mais son regard déchiré vous hantera longtemps, jusqu’à l’échappée belle finale.

*** Spencer réalisé par Pablo Larraín. Avec Kristen Stewart, Timothy Spall, Jack Farthing, Sally Hawkins – 111’.

Spider-Man : No Way Home

Après le succès de l’excellent Spider-Man : Into the Spider-verse, film d’animation bluffant qui introduisait le concept du multivers auprès du grand public, Sony et Marvel ont sans grande surprise sauté sur l’occasion pour mélanger leurs licences. Et il n’aura pas fallu attendre longtemps pour découvrir le résultat. Dans Spider-Man : No Way Home, cela donne un best-of de la franchise au cinéma, qui emprunte des méchants aux films précédents.

Le Peter Parker/Spider-Man incarné pour la troisième fois par Tom Holland affronte donc des personnages cultes comme le Bouffon Vert, Docteur Octopus, Electro, Sandman ou encore le Lézard. Ce qui permet de retrouver les acteurs d’origine, à savoir William Dafoe, Alfred Molina, Jamie Foxx, Thomas Haden Church et Rhys Ifans. Le concept est intéressant, et donne lieu à des scènes qui plairont sans nul doute aux fans. Mais mises bout à bout, difficile d’éviter l’indigestion. Entre l’introduction de chaque personnage, les scènes de combats trop nombreuses, et les explications farfelues de Docteur Strange (pauvre Benedict Cumberbatch qui est réduit à quelques formules magiques et à des mouvements de mains ridicules), il ne reste plus assez de temps pour caler un scénario un tant soit peu original. Ce qui n’empêche pas le film de durer 150 minutes.

Les détracteurs de la formule Marvel (une scène d’action, une blague, une explication du scénario) ne seront donc pas séduits par cette nouvelle tentative. Mais sont-ils vraiment la cible ? Avouons que, malgré ses défauts attendus, Spider-Man : No Way Home assume son côté “fan service” et comme objet de pop culture, il reste fascinant à regarder.

** Spider-Man : No Way Home réalisé par Jon Watts. Avec Tom Holland, Zendaya, Benedict Cumberbatch 150’

Bad Luck Banging or Loony Porn

Une enseignante voit la sextape qu’elle a réalisée avec son mari fuiter sur les réseaux sociaux. Tollé chez les parents d’élèves qui lui font… son procès! Ce point de départ est l’occasion pour Radu Jude d’inscrire ses réflexions sur l’éducation, la morale et le rôle politique du cinéma dans un pays – la Roumanie – qui a remplacé la dictature politique par une dictature économique où l’on fait commerce de tout, y compris d’or­ganes. Le problème est que le cinéaste transforme son film en manifeste. Et même s’il a obtenu l’Ours d’or à la dernière Berlinale, on a le sentiment que le réalisateur roumain a oublié qu’il faisait du cinéma.

** Bad Luck Banging or Loony Porn réalisé par Radu Jude. Avec Katia Pascariu, Claudia Ieremia, Olimpia Malai – 106’. 

Mystère

Veuf, Stéphane (Vincent Elbaz) emménage au cœur des monts du Cantal pour tenter de s’y reconstruire avec Victoria, sa fille de huit ans devenue mutique depuis qu’elle a perdu sa maman. Lors d’une promenade en forêt, un homme confie à la fillette un jeune chiot nommé Mystère. Mais en grandissant, le gentil chien s’avère être un loup! À l’instar du Renard et l’enfant, ce joli récit initiatique séduira sans peine les plus jeunes, tout en évitant de ­verser dans l’angélisme: la cohabitation complexe entre les loups et des bergers soucieux de protéger leurs troupeaux n’est pas éludée. D’où une réflexion tendre mais lucide sur l’humain et la nature qui l’entoure.

** Mystère réalisé par Denis Imbert. Avec Vincent Elbaz, Shanna Keil – 84’.

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