Sorties cinéma: Les choses (pas) humaines

Yvan Attal creuse l’ambiguïté du livre de Karin Tuil sur le viol et le consentement, jusqu’à écœurement.

Charles Gainsbourg dans les choses humaines
© Gaumont

Très remarqué à sa sortie en 2019, le roman de Karin Tuil – Les choses humaines – fait l’objet d’une adaptation problématique qui choisit (comme le livre d’ailleurs) de raconter l’histoire d’un viol du point de vue de l’agresseur. On ne perçoit pas ici un positionnement clair du cinéaste qui, sous couvert de ne pas faire la morale, échoue à condamner la culture du viol et préfère laisser planer l’ambiguïté. On y suit le parcours d’Alexandre incarné par Ben Attal, jeune homme aisé accusé d’avoir violé la fille de l’amant de sa mère (Charlotte Gainsbourg), une essayiste dite “féministe” mais qui passe son temps à critiquer les migrants. Protégé par son père (un ponte des médias qui trousse de jeunes assistantes sous couvert de sexualité libre), Alexandre vit dans un déni que ni les scènes de procès (pourtant les meilleurs moments du film) ni le regard appuyé du cinéaste (trop empathique avec le personnage) ne parviennent à condamner clairement, laissant le spectateur dans une ambiguïté morale gênante. N’est pas Michael Haneke qui veut.

* Les choses humaines réalisé par Yvan Attal. Avec Ben Attal, Charlotte Gainsbourg, Pierre Arditi, Suzanne Jouannet – 138’

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